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Les «questions d’actualité» prévues cet après-midi à l’Assemblée nationale vont se faire entre le gouvernement et les députés de Benno bokk yaakaar.

Le gouvernement face à sa majorité. C’est le scénario qui va se dérouler cet après-midi à l’Assemblée nationale. Car, le groupe Liberté et démocratie et le pôle des non-inscrits ont décidé de boycotter la séance des «questions d’actualité». C’est avec des écharpes aux couleurs nationales que Madické Niang, Cheikh Issa Sall du Pur, Mamadou Lamine Diallo, Mamadou Diop Decroix, Aïda Mbodj ont fait face à la presse pour dénoncer le «manque de respect» de l’Exécutif à l’égard de l’Assem­blée nationale. D’après Madické Niang, le Premier ministre «ne peut pas attendre 7 mois après l’installation de la 13ème Législature pour tenir une dictée préparée».
Le président du groupe Liberté et démocratie s’est expliqué : «Nous avons décidé de ne pas participer à ce simulacre de débat démocratique. Il n’y a dans aucun pays au monde cette forme de dictée préparée. Nos questions sont envoyées 24h avant et le Premier ministre a tout le temps de répondre. C’est un simulacre dans la forme et dans le fond. Toute l’opposition ne dispose que de 12 minutes sur les 122 que dure la séance. Il s’agit de 9 minutes pour notre groupe Liberté et démocratie et 3 pour les non-inscrits. Cela veut dire que le gouvernement et sa majorité auront 110 minutes pour faire leur propagande. La vérité ne peut pas surgir d’un tel débat.»
Pour Aïda Mbodj, les réformes initiées lors du référendum de mars 2016 sont «constamment violées» par Macky Sall et son régime. «Nous n’avons aucun moyen devant cette majorité de contrôler l’action du gouvernement. Nous ne pouvons pas continuer à cautionner cette forfaiture», hurle l’ancienne présidente du Conseil départemental de Bambey. Ainsi, la majorité parlementaire, est à ses yeux, «en train d’engloutir les acquis démocratiques» du Séné­gal. «Nous avons porté ces écharpes pour montrer aux Sénégalais que nous sommes en train de vivre une forfaiture à l’aube de cette 13ème Législature. Mais on ne se laissera plus faire», prévient-elle.
D’après elle, des questions d’actualité ont été adressés au président de l’Assemblée nationale. Mais jusqu’à présent, regrette Mme Mbodj, Moustapha Niasse n’a jamais enrôlé l’affaire pour convoquer le gouvernement. Par ailleurs, Aïda Mbodj a jugé anticonstitutionnel le parrainage. Rappelant que ce système ne concernait que les candidats indépendants, le député souligne : «Le parti politique est une personne morale qui investit lors d’un congrès son candidat. Or, une personne physique ne peut se substituer à la personne morale.»
De la démarche du gouvernement, elle en déduit : «Macky Sall montre qu’il ne fait plus confiance à notre police qui enquête sur la personne avant de lui donner son récépissé de parti.» Enfin, les députés de l’opposition se sont donné rendez demain au Tribunal de Dakar pour se solidariser à Khalifa Sall dont le verdict du procès est attendu dans la matinée.
bgdiop@lequotidien.sn

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