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By Mic rappe en wolof. Mais pour son nouvel album devant sortir le 7 septembre, il a choisi sa langue maternelle, le manjack. L’opus de 10 titres est composé de sonorités manjack, mais avec une structuration hip-hop avec des textes, des thèmes et des rimes. «D’habitude quand on nous parlait de la musique manjack, on faisait référence à Americo Gomes et autres ou bien à la musique traditionnelle. Mais mon produit est un album 100% rap avec un peu d’ego-trip pour rester dans la logique du rap culture urbaine», a expliqué hier Papa Ndiago, lors de la présentation de son opus.
Dans une population sénégalaise où la majorité s’exprime en wolof, est-ce qu’il ne serait pas risqué pour lui de faire un produit 100% manjack ? A cette question, Papa Ndiago répond par l’optimisme : «Je gagne deux fois. Quand je fais un album en wolof, je gagne un public. Et quand je le fais en manjack, je gagne un autre public. Donc, ce n’est pas une barrière. C’est pour montrer aux autres ethnies qu’on peut rapper avec une autre langue que le wolof», a-t-il assuré.
Adolphe Gomis de son vrai nom a soutenu d’emblée que s’il a choisi le manjack pour son album, c’est en grande partie pour certains de ses parents qui ne comprennent pas le wolof. C’est pourquoi «je me suis dit pourquoi ne pas faire un produit purement manjack et après je peux continuer avec le style que je faisais».
Même s’il éprouve du plaisir à rapper dans sa propre langue, le natif de Ziguinchor a reconnu que ce n’est pas facile de travailler en manjack. «Déjà, il faut comprendre la langue, il faut essayer de travailler sur les figures de style et c’est un rapprochement qui n’est pas facile à faire», a-t-il dit. Non sans faire savoir qu’avec l’expérience qu’il a eue, il s’en est bien sorti. «Je travaillais sur des séries de sons que je mettais gratuitement sur YouTube et les Manjack étaient accrochés. Et il y avait un retour. Donc, on s’est dit pourquoi ne pas travailler dans un album», a affirmé By Mic.
Son opus est aussi un prétexte pour se faire connaître du grand public. «Je pense que cet album peut m’amener sur une autre sphère», espère-t-il.
Forsa mandjaku, le titre de l’album, signifie «de retour». Il traduit la longue absence de l’artiste sur scène. Il y a Ba kaats manjaku, (les femmes manjack), où il rend hommage aux femmes de son ethnie. Dans Ko rom, il fait un questionnement sur ses projets etc.
Le rappeur Fou Malade, qui a connu l’artiste lors d’un atelier en 2008 à Ziguinchor, a expliqué : «Quand je l’ai rencontré, il a avait déjà tous les outils, il comprenait comment écrire un texte de rap. Il est venu à Dakar. Je l’ai suivi et j’ai toujours été convaincu de son talent.» Et Malal Talla d’ajouter : «Je l’ai accueilli avec plaisir à Guédiawaye hip-hop. Je l’ai fait pour le talent de l’artiste, mais aussi parce que je pense qu’il fait partie des artistes à promouvoir. Il fait un travail magnifique.»
Partant de la nouvelle génération de rappeurs à qui on reproche généralement un manque d’originalité, le responsable du mouvement Y’en a marre a fait ce constat : «Le paradoxe, c’est que c’est à travers cette nouvelle génération qu’on retrouve une résurrection des sonorités africaines. Et je parle de Dip, Ngaka Blindé à By Mic etc.».
mfkebe@lequotidien.sn

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