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L’Agence nationale de la statistique a relevé une augmentation intervenue à la fin du dernier trimestre de 2016 sur les coûts de construction. Ladite hausse n’a pourtant pas pris en compte la hausse du prix du ciment, décidée dernièrement, et dont les effets seront probablement notés au cours du premier trimestre de cette année. En atten­dant, ces hausses auront certainement des effets sur les acteurs du secteur et sur les cimentiers.

Le coût de construction de logements neufs, à usage d’habitation, a augmenté de 0,4% au dernier trimestre de l’année écoulée. L’Agence nationale de la statistique et du développement (Ansd), qui publie l’information,  évalue les causes de ladite hausse en particulier sur le renchérissement de la main d’œuvre, en plus de celui des matériaux de construction. Son étude indexe les prix du fer et du gravier, dont elle dit qu’en variation annuelle, «ils ont augmenté de 4,1%».
Mais il n’y a pas que les matériaux de base qui ont connu une hausse. L’Ansd souligne également la hausse des prix de la peinture, à huile comme à eau. Même si la peinture à huile a subi une hausse plus importante, de 1,4%. Par contre, les produits comme les revêtements des sols et autres carreaux ont connu une certaine baisse que l’Ansd explique par les promotions intervenues en fin d’année. Et en variation annuelle, la baisse est de 1,9% concernant ces produits. La baisse a concerné également les produits de plomberie et sanitaires, le matériel électrique ou la menuiserie, qu’elle soit en bois ou métallique.
Face à tout cela, la hausse a pu l’emporter de manière générale dans la rubrique des coûts de construction, du fait du renchérissement du coût de la main d’œuvre. Au dernier trimestre de l’année dernière, elle a connu une hausse de 0,9%, du fait de la hausse de la rémunération des maçons (en hausse de 1,1%), des manœuvres (0,7% de hausse), ainsi que des ferrailleurs (+1,1%) et des électriciens (+2,6%).
Cette information vient au moment où déjà, les clients et les industriels miniers se plaignent fortement de la dernière augmentation décidée par l’Etat sur le prix du ciment. On sait que du fait d’une nouvelle imposition introduite dans la dernière Loi des finances, la tonne de ciment a renchéri de 3000 francs Cfa. Même si, du fait sans doute des délais assez courts, l’étude de l’Ansd n’a pu prendre en compte cet important élément, on peut être sûr que les experts en bâtiment ainsi que les personnes engagées dans la construction d’immeubles d’habitation ont dû en ressentir les effets. De même que les cimentiers qui ne manqueront pas de percevoir une certaine contraction dans leur chiffre d’affaires.
Toutefois, interrogé sur les raisons de cette hausse, le directeur général des impôts et domaines, M. Cheikh Bâ, avait rétorqué que le ciment au Sénégal était à meilleur marché que dans tous les pays de la sous-région. Ce qui, à ses yeux, dénotait des importants efforts et sacrifices réalisés par l’Etat qui a accepté de renoncer à des rentrées fiscales pour permettre aux Séné­galais de réaliser leur rêve d’accéder au logement. Pour lui, ce coup de pouce, qui a duré des années, devait tôt ou tard prendre fin. S’agissant de l’impact négatif d’une telle décision sur la production de ciment, Cheikh Bâ a fait dans une ironie caustique : «Les cimentiers se plaignent toujours de mévente, mais quand vous les suivez de près, vous vous rendez compte qu’ils ont tous engagé des travaux pour l’augmentation de leur production».
mgueye@lequotidien.sn

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