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D’après le rapport de l’Organe international de contrôle des stupéfiants, un consommateur de drogue sur trois est une femme.

Le tiers des consommateurs de drogue constitue des femmes. C’est l’une des conclusions du rapport 2016 de l’Organe international de contrôle des stupéfiants (Oics) présenté hier par le directeur régional de l’Onudc en Afrique de l’Ouest et du Centre, Pierre Lapaque. D’après lui, cet usage étant plus répandu parmi les femmes des pays à revenu élevé. Une situation peu reluisante exacerbée par le manque de traitement chez les femmes droguées. «1/5 seulement des personnes traitées sont des femmes, car elles se heurtent à d’importants obstacles systémiques, structurels, culturels et personnels lorsqu’elles veulent accéder à un traitement pour toxicomanie. Par rapport aux hommes, les femmes ont beaucoup plus de probabilité de se faire prescrire des narcotiques et anxiolytiques et donc de faire abus de ces médicaments», relève l’Oics. En revanche, le rapport souligne l’importance des programmes de prévention ciblant spécialement les détenues, les femmes enceintes, les personnes vivant avec le Vih/Sida et les travailleuses du sexe.

L’Afrique, région de transit de drogue
Egalement, l’Oics demande aux Etats de recueillir et de communiquer les données pour «permettre de mieux comprendre les besoins spécifiques des femmes toxicomanes afin d’améliorer la prévention, le traitement et la réadaptation». Par ailleurs, l’Afrique continue d’être une plaque tournante du trafic. D’après le rapport, le continent noir reste l’une des principales régions de transit du trafic de drogue et «devient aussi progressivement un marché de consommation et de destination pour tous les types de drogue». «L’herbe de cannabis est produite illicitement sur tout le continent, tandis que la production illicite de résine de cannabis se concentre dans un nombre restreint de pays d’Afrique du Nord», souligne l’Oics. Sans surprise, le cannabis reste la drogue la plus consommée en Afrique et celle pour laquelle la demande de traitement est la plus élevée, la prévalence annuelle de l’usage de cannabis étant estimée à 7,6% (soit le double de la moyenne mondiale de 3,8%).
Concernant les autres types de drogue, le rapport note un «abus d’héroïne» dans certains pays de la région, principalement en Afrique de l’Est. «De plus en plus d’Africains sont impliqués, particulièrement dans le trafic d’héroïne le long de la route du Sud qui passe soit par la République islamique d’Iran soit par le Pakistan et traverse l’océan Indien, et qui est de plus en plus utilisée pour le trafic d’opiacés en provenance d’Afghanistan», relève-t-on. En outre, l’Afrique de l’Ouest a été de plus en plus touchée par des opérations criminelles qui concernent non seulement le trafic de la cocaïne d’Amérique du Sud vers l’Eu­rope, mais aussi la distribution pour consommation sur place et la fabrication illicite de drogues synthétiques principalement destinées aux marchés asiatiques. «11 % des consommateurs d’opiacés dans le monde vivent en Afrique et plus de la moitié de ceux-ci en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Les opiacés afghans font l’objet d’un trafic croissant vers l’Afrique de l’Est et de l’Ouest, que ce soit pour y être consommés ou pour être expédiés vers d’autres pays», illustre l’Oics.
bgdiop@lequotidien.sn

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