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Le ministre de la Justice avait qualifié le rapport d’Amnesty épinglant le Sénégal de «pas crédible». Le chef du gouvernement, lui, est allé plus loin. A Gossas, Mahammed Boun Abdallah Dionne, qui dénonce des «politiciens encagoulés» voulant «casser notre société», s’en est également pris à l’opposition.

Mahammad Boun Abdallah Dionne est outré par le rapport de la section sénégalaise d’Amnesty international sur les droits de l’Homme au Sénégal. Mais ce qui semble faire le plus mal au Premier ministre, c’est sans doute le passage réservé aux droits des Lesbiennes, des gays et des bisexuels, transgenres ou intersexuées (Lgbti) et dans lequel on peut lire ceci : «Au regard du Code pénal, les relations sexuelles consenties entre personnes de même sexe constituaient toujours une infraction. Les personnes Lgbti étaient cette année encore la cible de discriminations, en particulier dans l’accès aux soins de santé et à la justice.» De Gossas, son fief politique où il a séjourné hier, le chef du gouvernement n’y est pas allé par le dos de la cuillère pour dénoncer ledit rapport : «J’ai lu, il y a deux ou trois jours, le rapport 2017 d’Amnesty international. Un rapport très critique qui attaque le gouvernement du Président Macky Sall que j’ai l’honneur de diriger. Qu’est-ce qui est dit dans ce rapport ? Que le Sénégal continue sa politique de régression vis-à-vis des Lgbti», fait-il savoir. Avant de menacer : «Ils veulent casser notre société et ça, on ne l’acceptera pas comme le Président Macky Sall a eu à le refuser ici au Président Obama», dit-il furieux à l’endroit de ceux qu’il assimile à des «politiciens encagoulés» et se réclamant de la société civile. Sous ce rapport, Dionne ira même jusqu’à reprocher à la presse de ne pas parler de l’affaire des Lgbti soulignée par le rapport. «Ça, aucune presse ne le dit. Quand ils (les journalistes) parlent du rapport, ils vous parleront des conditions de détention de X ou Y. Mais qu’ils parlent aussi du rapport sur ce plan- là», fulmine-t-il. Et pour la gouverne de tous les Sénégalais, il a invité la presse à publier l’intégralité du rapport pour, dit-il, que les gens puissent savoir quel est le projet de société qui se cache derrière ces opposants encagoulés sous le vocable de société civile. «Le Président Macky Sall avait raison de dire ici que durant sa présidence, jamais l’homosexualité ne sera officialisée dans ce pays. Maintenant, ceux qui écrivent cela pour le critiquer, qu’ils continuent de critiquer. Nous, nous sommes dans le temps de l’action. Nous resterons droits dans nos bottes pour travailler à l’atteinte des objectifs du Plan Sénégal émergent(Pse)», a soutenu M. Dionne.

Dionne aux opposants : «Ils passent leur temps sur Facebook, Instagram, Tweeter et tirent sur tout ce qui bouge»
Très en verve, le chef du gouvernement pour qui la classe politique sénégalaise est actuellement constituée de deux profils d’hommes politiques, à savoir celui qui parle au Peuple (Macky Sall) et celui qui parle du président de la République (les opposants), n’a pas manqué de s’en prendre aux détracteurs de son mentor qui, selon lui, sont obsédés par le fauteuil présidentiel. «Ces gens (les opposants) sont ceux que j’appelle les spécialistes du découragement national et les pseudo-révolutionnaires en gestation qui passent leur temps sur Facebook, Instagram, Tweeter et qui tirent sur tout ce qui bouge», raille-t-il. Le Pm les invite plutôt à travailler à la formulation d’une offre politique alternative «crédible et dépassant les objectifs stratégiques du Pse». En définitive, il a demandé à ses militants de travailler dans l’unité pour la réélection de leur candidat au premier tour de la prochaine Présidentielle.
dndong@lequotidien.sn

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