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«L’Ofnac a fait son travail dans le respect des règles»

La présidente de l’Office national de lutte contre la corruption (Ofnac), Mme Seynabou Ndiaye Diakhaté, rejette d’un revers de la main les arguments du procureur de la Répu­bli­que, Serigne Bassirou Guèye, selon lesquels le principe du contradictoire n’a pas été respecté dans l’enquête de l’Ofnac relative aux détournements supposés au Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) que dirigeait Cheikhou Oumar Hann, actuel ministre de l’Ensei­gnement supérieur.

Seynabou Ndiaye Diakhaté recadre le procureur de la République. La présidente de l’Office national de lutte contre la corruption (Ofnac) a battu en brèche les arguments de Serigne Bassirou Guèye selon lesquels il y avait des manquements dans l’enquête de l’Ofnac relative aux détournements présumés au Centre des œuvres universitaires de Dakar (Coud) que dirigeait Cheikhou Oumar Hann, actuel ministre de l’Enseignement supérieur, et que le rapport en question serait renvoyé à l’Ofnac pour que le principe du contradictoire soit respecté.
«J’ai beaucoup de respect pour mon collègue, le procureur de la République. Mais ça m’étonnerais qu’il puisse nous retourner un dossier», a rétorqué hier Mme Diakhaté, en marge de l’atelier de validation technique du rapport de la stratégie nationale de lutte contre la corruption. Dans sa réplique, la patronne de l’Ofnac fait savoir que «la procédure pénale à l’Ofnac n’est pas celle qui est prévue dans le Code de procédure pénale. L’Ofnac ne travaille ni sous l’autorité ni sous la direction du procureur de la République. Ce sont les officiers et les agents de Police judiciaire qui travaillent sous son autorité. L’Ofnac n’est ni l’un ni l’autre. Le dossier du Coud a été transféré au procureur de la République depuis quatre ans. Lui-même, il le dit. Il nous dit qu’il a reçu 19 dossiers de l’Ofnac et aucun dossier n’a été exploité. Je l’invite plutôt à exploiter les dossiers de l’Ofnac pour prendre une décision. Si je devais contribuer à son travail, je lui aurais suggéré de saisir son juge d’instruction qui, par voie de délégation judiciaire, pourrait saisir son officier de Police judiciaire et de lui demander de poser des actes. Ce que le procureur ne peut pas faire vis-à-vis de l’Ofnac».

571 déclarations de patrimoine enregistrées
Sur l’affaire Petro Tim, la présidente de l’Ofnac explique également que ce dossier fait partie de ceux que le procureur dit avoir reçus. «Je pense que s’il avait exploité ce dossier, cette question ne me serait pas posée. L’Ofnac a fait son travail dans le respect des règles et principes qui gouvernent toute enquête, et a remis tous les dossiers au procureur de la République. A lui d’en tirer toutes les conséquences», martèle la présidente de l’organe de contrôle. Lequel n’entend ménager aucun effort pour combattre la corruption.
Pour y arriver, l’Ofnac a décidé, grâce au soutien des partenaires techniques et financiers, d’élaborer une stratégie nationale de lutte contre ce fléau. «Le Sénégal a pris beaucoup d’initiatives qui montrent son engagement à lutter contre la corruption et son ancrage à la transparence…», précise la remplaçante de Nafi Ngom Keïta à la tête de l’Ofnac. Elle ajoute que «l’Office continue de recevoir des plaintes. On travaille sans pression, mais on continue à faire notre travail. Nous avons recensé 571 déclarations de patrimoine. Cela veut dire, ça avance lentement, mais sûrement».
dialigue@lequotidien.sn

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