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La Mission d’observation électorale de l’Union européenne appelle à l’abandon du parrainage citoyen pour les élections locales «dans les plus brefs délais». C’est l’une des 8 «recommandations prioritaires» de son rapport final sur la Présidentielle du 24 février dernier.

La Mission d’observation électorale de l’Union européenne (Moe-Ue) demande l’abandon du parrainage lors des prochaines élections locales. C’est l’une des «recommandations prioritaires» de son rapport final présenté hier. «Le parrainage-citoyen pour les élections locales devrait être abandonné, et ce dans les plus brefs délais», a préconisé Elena Valenciano, chef de la mission. Depuis la révision de la Constitution le 19 avril 2018, le parrainage citoyen est désormais soumis à tout candidat à une élection au Sénégal. Un système très décrié qui avait éliminé une vingtaine de candidats de l’opposition lors de la Présidentielle de février dernier. «Si la procédure du parrainage-citoyen peut être justifiée dans son principe pour l’élection présidentielle, son application aux élections locales pose des problèmes politiques et organisationnels sérieux, et est attentatoire aux droits fondamentaux», souligne la Moe-Ue. C’est pourquoi d’ailleurs pour les autres élections, les observateurs suggèrent de mener une réflexion d’ensemble sur l’opportunité de conserver en l’état les dispositifs de parrainage-citoyen, «considérant les contraintes et difficultés observées lors de l’élection présidentielle». Ces discussions devraient être conduites, selon l’équipe de Mme Valenciano, dans un cadre de concertation impliquant l’opposition et la société civile.

Accès au fichier électoral «à tout moment»
S’agissant du fichier électoral, la Moe-Ue souhaite que son accès soit permis aux acteurs politiques «à tout moment». Sans doute une proposition qui fait suite à la polémique sur l’opportunité de mettre le fichier à la disposition des partis ou des candidats. «Il s’agit d’une mesure de confiance et de transparence. Il est recommandé d’amender le Code électoral de façon à accorder aux partis politiques et aux entités regroupant des candidats indépendants un droit d’accès à tout moment aux données figurant sur le fichier électoral à la condition qu’ils s’engagent par écrit à ne pas en faire un usage commercial», lit-on dans le document. Qui recommande aussi de garantir des «conditions équitables de campagne» entre candidats et de «renforcer la transparence des financements politiques». Le respect de la durée du mandat des membres de la Commission électorale nationale autonome (Cena) telle que fixée par la loi, la révision du mode de désignation des membres de la Cena de façon à ce qu’au moins une fraction d’entre eux soit nommée sur proposition d’institutions autres que celles relevant du seul pouvoir exécutif, sont entre autres les autres recommandations du rapport.

«Bby s’est distinguée par l’envergure de sa machine et l’importance de ses moyens»
Même si la Présidentielle s’est déroulée dans «le calme» et de manière «globalement transparente», ces observateurs ont relevé quelques bémols. Il s’agit du «manque de confiance» dans le processus de la part des candidats de l’opposition et de certains interlocuteurs de la société civile, de «l’absence d’encadrement» du financement de la campagne électorale, et plus largement des finances des partis politiques. Il y a également le fait que «les mesures prises pour accélérer la distribution des cartes ont nui à la traçabilité des opérations». Si le rapport révèle aussi que la campagne a été «active et libre», il relève en revanche qu’elle a été «marquée par une grande disparité de moyens entre candidats en particulier, (car) la campagne de la coalition Bby s’est distinguée de celle des autres par l’envergure de sa machine de campagne et l’importance de ses moyens». La couverture médiatique n’a pas été en reste. «La plupart des médias audiovisuels privés ont offert une couverture équitable dans les émissions d’information», attestent Alain Chabdo et Cie. Ils relèvent cependant : «Deux chaînes de télévision, Tfm et 2STv, ont couvert davantage la coalition Bby. Dans leurs autres émissions politiques, les médias audiovisuels privés ont accordé plus de temps d’antenne à la coalition Bby suivie par la coalition Idy2019.» La Moe-Ue souligne enfin que de nombreux médias privés nationaux et locaux n’ont pas respecté les dispositions du Code électoral, notamment l’interdiction de toute publicité politique.
mfkebe@lequotidien.sn

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