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Les défaillances de gestion plombent la compétitivité de certaines entreprises du secteur privé. Un rapport de la Direction du secteur parapublic indique que seuls 60% sur un échantillon de 55 entreprises font recours au Code de gouvernance des entreprises.

Une étude menée par la Direction du secteur parapublic du ministère de l’Economie, des finances et du plan auprès de 55 entreprises du secteur parapublic, révéle que seuls 60% font recours au Code de gouvernance des entreprises. Le rapport qui juge «moyen» ce taux a constaté un certain nombre de défaillances dans le mode de gestion des entreprises privées sénégalaises. D’abord, il note un retard dans l’arrêté des états financiers des entreprises. «Dans certaines entreprises, il y a une indisponibilité de rapport du commissaire aux comptes pour le conseil avant la réunion consacrée à l’arrêté des états financiers. Il y a également l’absence d’opinion du commissaire aux comptes sur les états financiers. Il est constaté que l’auto-évaluation du conseil ne s’applique pas toujours. Il s’agit de juger de l’efficacité du conseil en appréciant la contribution effective de chaque membre du conseil d’administration en termes de présence de réunion, mais aussi d’implication constructive dans les discussions et prises de décisions», a souligné l’étude publiée hier, lors du lancement du programme de gouvernance d’entreprise axé sur le thème «Gou­vernance d’entreprise : un vecteur de croissance au Sénégal». L’étude de constater : «La non évaluation du directeur général et des autres directeurs par rapport à l’atteinte des objectifs et à la réalisation des stratégies est également constatée. La mise en place d’un registre des délibérations pour permettre de ressortir les décisions fortes du conseil d’administration et leur état d’exécution n’est pas faite dans certaines entités.» Il faut dire que le Code de gouvernance des entreprises laisse un grand choix aux entreprises de s’y conformer ou non. Toutefois, organisateur de la rencontre, l’Institut sénégalais des administrateurs (Isa) recommande aux autorités de reconnaître le ledit Code en exigeant son application par l’ensemble des entreprises ayant l’Etat comme actionnaire principal. «Le Code de gouvernance est le recueil de bonnes pratiques en matière de gouvernance d’entreprise. Celui qui les applique est dans les bonnes pratiques. Celui qui refuse doit expliquer pourquoi il ne veut pas des bonnes pratiques. Il y a une contrainte morale qui pèse sur les entreprises», renseigne Mamour Fall, secrétaire permanent de l’Isa. D’après lui, quel que soit le niveau d’importance de l’investissement public, «si les entreprises privées ne prennent pas le relai pour assurer le développement et la création de richesses au niveau de l’économie du pays, le développement ne peut être assuré». Une idée à laquelle adhère Mamadou Makhtar Diagne, directeur de l’Appui au secteur privé au ministère de l’Eco­no­mie, des finances et du plan, pour qui le gouvernement veut, dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Sénégal émergent (Pse), que le relai soit pris par le secteur privé. bgdiop@lequotidien.sn

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