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Amadou Hott, ministre de l’Economie, du plan et de la coopération.

Avec une note de 3,7, le Sénégal est arrivé 3e ex-aequo avec le Kenya et l’Ouganda dans le classement du Rapport sur l’évaluation des politiques et institutions publiques en Afrique (Cpia, en anglais) en 2018 réalisé par la Banque mondiale. En 2017, le Sénégal était 2e avec une note 3,8. Le Rwanda figure une fois de plus en tête du classement avec une note de 4.

Dans le classement du rapport relatif à l’évaluation des politiques et institutions publiques en Afrique 2018 réalisé par la Banque mondiale, le Sénégal figure toujours dans le peloton de tête. Mais, il a reculé d’une place, lié a «une dégradation de la qualité de la gestion économique». Classé 2e dans le rapport 2017, le Sénégal, avec une note de 3,7, est arrivé 3e ex-aequo avec le Kenya et l’Ouganda dans cet exercice annuel plus connu sous son acronyme anglais «Cpia», qui permet à l’institution de Bretton woods de mesurer les progrès accomplis par les pays d’Afrique subsaharienne pour améliorer la qualité de leurs politiques et de leurs institutions.  Ce classement a révélé une avancée nette du Cabo Verde (2e) et de l’Ouganda, alors que la position du Kenya est demeurée inchangée. Avec une note de 4.0, le Rwanda continue d’occuper la première place au classement Cpia tant en Afrique que dans le monde. Se retrouvant avec 1,5, le Soudan du Sud reste le pays le plus mal noté au classement. La note Cpia moyenne attribuée aux 38 pays africains remplissant les conditions nécessaires pour bénéficier de l’aide de l’As sociation internationale de développement (Ida) est restée inchangée en 2018 à 3,1 sur une échelle allant de 0 à 6.

Cette année, d’après le document de la Banque mondiale, «la politique sociale s’est certes améliorée dans certains domaines, mais la gestion macroéconomique s’est détériorée. Le contexte actuel en matière de primauté du droit, de redevabilité et transparence ainsi qu’en ce qui concerne la qualité des administrations publiques est toujours un obstacle à une utilisation efficiente des ressources publiques dans la région».

La question relative à la gestion de la dette a cette année, occupé une place centrale dans le rapport Cpia.

Alerte sur la gestion de la dette

En effet, souligne le communiqué de la banque, «en 2018, le montant de la dette publique par rapport au Pib a atteint environ 54,9 % du Pib, soit une hausse de 18,5 points de pourcentage depuis 2013. Dans le même temps, la proportion d’obligations libellées en devises dans l’ensemble de la dette extérieure s’est accrue de 10 %, tandis que la proportion de l’endettement envers des créanciers commerciaux et extérieurs au Club de Paris a augmenté de cinq points depuis 2010 et les émissions d’obligations souveraines ont fortement progressé».

Suffisant pour que Albert Zeufack, économiste en chef pour l’Afrique à la Banque mondiale, sonne l’alerte  : «Certains pays africains risquent d’hypothéquer l’avenir de leur population en privilégiant la consommation immédiate.» De l’avis du fonctionnaire de la Bm, «lorsque les pays consacrent la majeure partie de leurs recettes au service de la dette, une quantité moindre de ressources est disponible pour l’éducation, la santé et d’autres services essentiels pour les habitants. Le progrès est alors stoppé net dans son élan». Combinés, la hausse des niveaux d’endettement et le glissement de la dette extérieure vers des sources de financement plus risquées, plus coûteuses et reposant davantage sur le marché ont sensiblement accru la vulnérabilité des pays Ida d’Afrique subsaharienne vis-à-vis de l’endettement, notent les experts de la banque.
Le rapport recommande ainsi à ces pays d’améliorer leurs capacités et systèmes de gestion de la dette. Cela contribuerait à accroître la transparence et à stabiliser l’économie à long terme.

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