PARTAGER

La présence des femmes sur le marché du travail est toujours faible. C’est ce que révèle le dernier rapport de l’Organisation internationale du travail (Oit) sur la question. Dans le document, l’Oit soutient qu’aucun progrès n’est attendu en 2018 pour casser ces inégalités dans le monde du travail.

Les inégalités dans le monde du travail entre les hommes et les femmes sont toujours présentes. Dans le dernier rapport sur cette question de l’Organisation internationale du travail (Oit), on renseigne que «les femmes ont en effet nettement moins de chances que les hommes de participer au marché du travail». Selon l’Oit, ceci «qu’il s’agisse d’avoir un emploi ou d’en rechercher un». «En 2017, le taux d’activité mondial des femmes un peu plus de 49 %  est inférieur de presque 27 points de pourcentage à celui des hommes (aucun progrès n’est attendu pour 2018)», a-t-on fait savoir dans le document. De même l’Oit souligne qu’il «est préoccupant de constater que cet écart s’inscrit dans une tendance à la baisse des taux d’activités tant pour les hommes que pour les femmes». D’après l’Oit, les taux d’activités «entre 1997 et 2017 ont diminué d’environ 3 points de pourcentage».
Concernant la localisation, l’Oit informe que «les écarts sont plus importants dans les Etats arabes, en Afrique du Nord et en Asie du Sud, où ils dépassent 50 points de pourcentage». «Ces trois régions enregistrent également les plus faibles taux d’activités des femmes (moins de 30% contre une moyenne mondiale de 49%)», a-t-on déclaré. Dans son rapport, l’Oit soutient aussi que même si elles accèdent au marché du travail, les femmes ont «moins de chance de trouver un emploi que les hommes». Ce qui fait dire aux auteurs de cette étude que «globalement, le taux de chômage des femmes se situe à 6,2% et celui des hommes à 5,5 % en 2017, ce qui représente un écart de 0,7 point de pourcentage». Si on en croit les auteurs de ce rapport, la situation ne va pas évoluer en 2018. «En 2018, ces taux devraient rester relativement inchangés, ce qui signifie que l’écart va se maintenir à son niveau actuel (aucun progrès n’est attendu avant 2021 si l’on s’en tient aux tendances récentes)», a-t-on dit. On ajoute que «quand elles sont dans l’emploi, près de 15 pour cent des femmes sont des travailleurs familiaux (c’est-à-dire des travailleurs indépendants accomplissant des tâches dans un établissement géré par un parent), alors que ce statut ne concerne que 5,5 pour cent des hommes». «C’est dans les pays en développement, où près de 36,6 pour cent des femmes sont des travailleurs familiaux, contre seulement 17,2 pour cent des hommes, que l’écart de plus de 19 points de pourcentage est le plus grand. En outre, il s’est élargi de plus de 2 points de pourcentage au cours de la dernière décennie», a-t-on précisé.

Des mesures adéquates pour mettre fin aux inégalités
Rappelant dans son rapport qu’en 2014, «les responsables du G20 se sont engagés à réaliser l’objectif «25 d’ici à 25», c’est-à-dire à réduire l’écart des taux d’activité entre les hommes et les femmes de 25 pour cent d’ici à 2025», l’Oit soutient que les estimations «indiquent que, sous certaines conditions, atteindre cet objectif dans tous les pays permettrait d’augmenter l’emploi mondial de 189 millions de postes ou 5,3%». D’après l’Organisation internationale du travail, «la grande majorité des emplois gagnés (162 millions) le seraient dans les pays émergents en raison de leur taille relative et aussi parce qu’ils présentent les plus forts écarts entre les sexes». Même si on souligne que «les répercussions dans les pays en développement et dans les pays développés seraient moindres, que ce soit en chiffres absolus ou en pourcentage des niveaux d’emploi actuels (principalement en raison d’écarts de taux d’activités comparativement plus faibles)», on estime que «l’emploi augmenterait de 2% dans les pays en développement et de 3,3% dans les pays développés».
Partant du fait que les écarts entre hommes et femmes dans le monde du travail s’expliquent par les normes sociales et la conformité aux rôles dévolus à chaque sexe, l’Oit estime qu’il est nécessaire de prendre «des mesures adéquates pour s’attaquer aux causes profondes de la ségrégation et pour diversifier les possibilités d’emploi traditionnelles pour les femmes et pour les hommes». Concernant ce point, on estime que «le processus commence dès l’enfance, par l’éducation et la sensibilisation, par exemple en garantissant un accès égal aux possibilités éducatives et en se préoccupant des différences entre les sexes dans le domaine d’études choisi par les individus». On ajoute que «récompenser le travail de soin par une rémunération appropriée sera également un pas en avant». On soutient également que «les mesures appropriées doivent s’attacher principalement au traitement différentiel et à la perception de la place des femmes dans le monde du travail et plus généralement dans la société». Pour l’Oit, il faut favoriser «l’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale». «Le principe d’égalité de rémunération pour un travail de valeur égale doit être intégré dans la législation et dans les processus de négociation collective. Cette obligation s’accompagne de prérequis, tels qu’une meilleure transparence salariale et une évaluation non sexiste des emplois, et devrait également s’appuyer sur les outils disponibles, tels que les systèmes de détermination des salaires minima, et renforcer la négociation collective», a-t-on expliqué.
dkane@lequotidien.sn

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here