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Le ministre de la Communication, des télécommunications, des postes et de l’économie numérique a procédé à la présentation de son rapport d’audit du genre dans son département. Un rapport qui met en lumière des avancées et opportunités certes, mais aussi relève des contraintes et défis dans l’opérationnalisation du genre dans ce département ministériel.

Le rapport d’audit sur le genre, réalisé par le ministère de la Communication, des télécommunications, des postes et de l’économie numérique, révèle une «volonté politique» et un «fort engagement du top management» à mettre en œuvre les orientations et directives du gouvernement en faveur de la promotion du genre. Ce département que Astou Diop Diagne, consultante, considère comme le «terreau fertile» à la promotion du genre fait mieux que beaucoup d’autres ministères. Il a positionné la Cellule genre dans l’organigramme du ministère qui lui «confère une légitimité budgétaire ; ce qui n’est pas le cas dans beaucoup de ministères», note le Cabinet expertise genre qui a réalisé ce rapport. On peut noter également dans ce ministère des projets et programmes comme les Centres multimédia communautaires (Cmc), le Programme d’appui à l’éducation numérique (Paen) entre autres qui s’essaient au genre.
Mais d’un autre côté, l’audit révèle que cet engagement fort et cette volonté affichée du ministère butent sur les moyens financiers. Au niveau opérationnel, les choses n’avancent pas réellement. «Et cette faible disponibilité des ressources risque de plomber toutes les initiatives», avertit la consultante. A cela il faut également ajouter une faible capacité des acteurs à planifier les programmes et projets. Le rapport relève une absence «d’orientation claire» quant à l’opérationnalisation du genre dans les programmes et politiques du ministère. Concernant l’analyse de perception du genre, le rapport note une «confusion dans la compréhension du concept genre» chez certains agents du ministère qui le définissent comme «groupe vulnérable».
Autre point faible relevé, le fonctionnement de la Cellule genre. Même si elle est présente dans l’organigramme du ministère, «sa composition reste incomplète». La nomination des membres qui devraient la composer n’est pas encore officialisée ; ce qui impacte son fonctionnement et se traduit par un faible niveau d’opérationnalisation de ses activités. L’audit montre aussi une faible vision sur les questions de genre, notamment dans la communication. Le ministère doit également encore faire des efforts pour promouvoir les femmes puisque sur les 6 directions qui existent dans ce département, les femmes ne représentent que 21% contre 79% pour les hommes.
Compte tenu de toutes ces difficultés, il est donc recommandé aux responsables du ministère d’intégrer le genre dans la planification des programmes et projets, des outils et autres instruments de suivi et d’évaluation de mobilisation de ressources et même de communication. «La Communi­cation est très importante, surtout pour ce ministère en charge de la communication, car il s’agit d’un changement de mentalités, de comportements pour faire bouger les barrières qui peuvent se poser aux objectifs visés», souligne la consultante.
Le ministre Abdoulaye Bibi Baldé, représenté par son secrétaire général Yore Moussa, Diallo dit prendre note : «Nous avons toutes les informations nécessaires pour améliorer l’application de la politique genre dans notre ministère et cela va se faire avec les partenaires qui nous accompagnent. Et dans quelques mois, nous allons nous retrouver encore pour évaluer la mise en œuvre de toutes ces recommandations», promet-il.

ndieng@lequotidien.sn

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