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L’Organisation internationale du travail (Oit) a analysé les conséquences de la croissance économique de l’année 2016 jugée décevante sur l’emploi. Dans un document rendu public, l’Oit alerte sur l’augmentation du taux de chômage, sur la précarité des emplois. Pour limiter les dégâts, cette organisation  recommande «des politiques qui s’attachent à lever les obstacles structurels à la croissance et à faire reculer les inégalités».

Les tendances  sur l’emploi publiées par l’Organisation internationale du travail (Oit) ne sont pas rassurantes. Dans un document rendu public, l’Oit informe que «la croissance économique reste décevante et les déficits de travail décent demeurent considérables». A en croire les auteurs de ce document, «la croissance de l’économie mondiale a atteint en 2016 son plus bas niveau depuis six ans, 3,1 pour cent, bien au-dessous des projections faites un an plus tôt». Analysant cette situation, l’Oit souligne que «les résultats décevants de 2016 et les perspectives d’évolution inférieures à la tendance pour 2017 soulèvent des inquiétudes sur la capacité de l’économie à créer des emplois en nombre suffisant, améliorer la qualité des emplois existants et assurer une redistribution équitable des fruits de la croissance».  D’après cette  organisation, «partout dans le monde, les pays sont confrontés à un double défi : réparer les dégâts causés par la crise et créer des emplois de qualité pour les personnes qui arrivent sur le marché du travail».

Hausse du taux de chômage
Concernant l’emploi, l’Oit renseigne que «le nombre de chômeurs devrait croître de 3,4 millions en 2017». «Le nombre de demandeurs d’emploi et le taux de chômage devraient demeurer élevés à court terme, alors que la population active continue d’augmenter. D’après les prévisions, le taux de chômage dans le monde devrait légèrement augmenter en 2017, pour s’établir à 5,8 pour cent (contre 5,7 pour cent en 2016) – et le nombre de chômeurs croître de 3,4 millions (portant le chômage total à un peu plus de 201 millions en 2017)», a-t-on fait savoir. Selon les experts de cette organisation, «la hausse du taux de chômage et du nombre de demandeurs d’emploi en 2017 proviendra essentiellement de la dégradation de la situation du marché du travail dans les pays émergents». De même, on souligne que «les perspectives sont particulièrement préoccupantes en Amérique latine et dans les Caraïbes, où le taux de chômage devrait augmenter de 0,3 point de pourcentage en 2017 pour atteindre 8,4 pour cent du fait notamment de la hausse des demandeurs d’emploi au Brésil». Les pays en développement ne seront pas épargnés. Dans le document, on renseigne que ces derniers «devraient aussi voir le nombre de chômeurs augmenter en 2017 (de 450 000), et le taux de chômage tourner autour de 5,5 pour cent en 2017 et 2018».
Outre le chômage, la question de l’emploi vulnérable a été aussi abordée dans ce document. Selon l’Oit, ce problème qui «touche 1,4 milliard de travailleurs dans le monde reste très répandu». D’après les auteurs de ce rapport, «les travailleurs occupant des emplois vulnérables sont généralement sujets à une grande précarité, du fait qu’ils ont souvent un accès limité aux régimes contributifs de protection sociale». Même si le rapport souligne qu’il y aura une «modeste amélioration dans les prochaines années, le taux d’emploi vulnérable ne devrait pas reculer de plus de 0,2 point de pourcentage par an».  «Dans ces conditions, l’emploi vulnérable devrait encore représenter plus de 42 pour cent de l’emploi total en 2017, ce qui équivaut à environ 1,4 milliard de personnes dans le monde», a-t-on averti.  De ce fait, l’Oit fait remarquer que «l’emploi vulnérable est le lot de près d’un travailleur sur deux dans les pays émergents et même de près de quatre travailleurs sur cinq dans les pays en développement». «Le nombre de travailleurs occupant un emploi vulnérable devrait dès lors augmenter de 11 millions par an dans le monde. Les deux régions les plus touchées sont l’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne», a-t-on déclaré.

Des politiques pour lever les obstacles structurels à la
croissance
Au regard de ces tendances inquiétantes, l’Oit soutient qu’il «importe d’adopter des politiques qui s’attachent à lever les obstacles structurels à la croissance et à faire reculer les inégalités». Pour l’Oit, «il est essentiel de trouver le bon dosage de mesures».  A ce propos, les auteurs de ce document estiment que «les politiques macroéconomiques doivent accorder une place de choix aux mesures destinées à s’attaquer aux causes profondes de la stagnation séculaire et à lever les obstacles structurels qui obèrent la croissance». «L’Oit estime que des mesures de relance coordonnées,  soit un accroissement de l’investissement public et tenant compte de la marge de manœuvre budgétaire de chaque pays, donneraient un coup de fouet immédiat à l’économie mondiale», a-t-on recommandé. Ces mesures, d’après cette organisation,  «seraient à même de réduire le chômage total par rapport aux estimations initiales de 0,7 million en 2017 et de 1,9 million en 2018». «A moyen terme, ces efforts seraient de nature à dissiper les craintes d’une croissance atone et favoriseraient ce faisant la demande d’investissement», a-t-on dit.
dkane@lequotidien.sn

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