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Pour garantir la paix et la stabilité en Afri­que, il faut s’attaquer à la mauvaise gestion, la manipulation des Constitutions, la pauvreté. C’est en substance ce que dit l’Union africaine dans son rapport sur la gouvernance dans le continent.

Le lien étroit qui existe entre la paix, la sécurité et la gouvernance démocratique est mis en exergue par l’Union africaine (Ua) dans son rapport sur la gouvernance dans le continent. Dans son document, l’organisation continentale reconnaît que «la plupart des conflits violents et des crises auxquels sont confrontées certaines parties du continent africain prennent leurs sources dans les insuffisances de gouvernance». L’Ua cite dans son rapport «la mauvaise gestion de la diversité, la manipulation des Constitutions, la marginalisation de la jeunesse et la mauvaise gestion des ressources naturelles». Autres causes de conflit recensées par l’Ua, la pauvreté, les transitions problématiques, l’absence de démocratie ou de reddition de comptes, le déséquilibre démographique et l’exclusion sociale et économique. Il y a également «l’égoïsme des dirigeants, associé à la prévalence de la mauvaise gouvernance». D’après l’Ua, «ces causes sont aggravées par la dépendance excessive des importations des produits de première nécessité et, par conséquent, la dépendance à l’égard des financements extérieurs pour les dépenses de l’Etat et l’économie». Après avoir attiré l’attention sur les causes profondes des conflits en Afrique, l’Ua pense que le continent doit faire «montre de compétences et d’une expertise solides dans la gestion et la résolution de ces conflits». Cela, ajoutent les auteurs du document, «malgré sa dépendance vis-à-vis des donateurs externes qui, de ce fait, continueront à influencer la gestion des conflits sur le continent».

Lacunes dans le fonctionnement des institutions
Pour l’Ua, les problèmes de paix, de sécurité et de gouvernance notés malgré l’existence de cadres politiques et institutionnels pour la paix et la sécurité, le développement sont liés aux «lacunes dans la mise en œuvre des instruments et le fonctionnement des institutions». D’après les auteurs du rapport, «il existe de nombreux instruments pour la prévention des conflits et des crises, et la promotion de la paix, de la sécurité et de la gouvernance durables sur le continent». Seulement, déplorent-ils, ces instruments ne sont pas appliqués à cause du manque «d’engagement réel des Etats membres à mettre en œuvre les instruments concernant les valeurs communes». A cela l’Ua ajoute «la création de la Force africaine en attente». Ce fait, renseigne l’organisation, «illustre certaines des contraintes auxquelles l’Ua est confrontée en matière de paix, de sécurité et de gouvernance». Partant de ce constat, les auteurs du rapport soutiennent que l’Ua «doit rendre opérationnelle la Force africaine en attente et redoubler d’effort pour garantir un financement durable des activités de paix et de sécurité». Dans la même veine, les Etats membres «sont encouragés à renforcer le Conseil de paix et de sécurité de l’Ua (…)». Un appel est également lancé pour que les Etats membres de l’Ua signent, ratifient et mettent en œuvre «tous les instruments pertinents en matière de paix, de sécurité et de stabilité».

«Manipulation des procédures juridiques et légales pour se maintenir au pouvoir»
Par ailleurs, le rapport qui s’est penché sur le respect de l’Etat de droit en Afrique montre que «certains facteurs continuent d’entraver le respect de la loi dans les pays africains». Il s’agit de «l’application sélective de la loi, le non-respect des règles et procédures de passation des marchés publics, le non-respect des décisions judiciaires, la négligence des particularités culturelles et des coutumes locales en matière de lutte contre la criminalité, la manipulation par les dirigeants des procédures juridiques et légales pour se maintenir au pouvoir». Dans son document, l’Ua reconnaît aussi que «le pouvoir exécutif reste souvent tout puissant malgré l’adoption de profondes réformes démocratiques et constitutionnelles». Les auteurs du rapport ont constaté que «de nombreux dirigeants se servent abusivement de leur pouvoir pour contrôler les ressources et nommer des fonctionnaires clés de l’Etat». Cela, d’après eux, «a permis à l’Exécutif de garder la mainmise sur les processus électoraux et les ressources publiques à des fins de favoritisme ou de confiscation d’avantages». Pis encore, soulignent-ils, «dans de nombreux pays, le système électoral est considéré comme un instrument d’inclusion ou d’exclusion dans le partage des ressources nationales». Le document ajoute que «nombre de ces Etats ont continué à harceler l’opposition et à imposer des restrictions sévères aux médias non étatiques». Autres faits relevés, ce sont «les tentatives de manipulation des résultats électoraux, les responsables en fonction qui jouissent d’avantages indus et les élections qui sont souvent source de conflits ouverts».

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