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Les bourses de sécurité familiale constituent une «réussite», selon la Banque mondiale. Mais à l’aube du second mandat du Président Macky Sall, ce programme de lutte contre la pauvreté, fera face à certains défis dont celui de sa pérennité, entre autres.

La Banque qualifie d’«impressionnant» l’impact du Pro­gramme national des bourses de sécurité familale (Pnbsf). Dans un rapport publié hier sur les filets sociaux dans 46 pays d’Afrique, l’institution de Bret­ton Woods a salué ce programme mis en place depuis 2013 et allouant 25 mille francs Cfa par trimestre a chacun des 300 mille ménages ciblés. «Le Programme national des bourses de sécurité familiale est un programme qui a une des couvertures les plus grandes en Afrique, alors qu’il est très récent. C’est un programme qui a réussi à atteindre les ménages dans tous les villages du pays. C’est une grande réussite», a déclaré Aline Cou­douel, économiste à la Banque mondiale.
Cependant, des multiples défis se dressent devant le Pnbsf, une des mesures sociales phare du septennat du Président Macky Sall. «Son grand défi, c’est de continuer à s’inscrire dans la durée, c’est d’assurer sa pérennité, levant les barrières institutionnelles, fiscales ou financières. Il faut s’assurer que les outils sur lesquels ce programme s’appuie soient solidifiés, renforcés en permanence», a indiqué M. Coudouel. Pour elle, ce programme qui s’appuie sur le Registre national unique (Rnu) pour identifier ses bénéficiaires, il est donc essentiel qu’il «soit mis à jour de manière régulière afin de s’assurer que les ménages vulnérables ou en situation de pauvreté y soient bien inscrits». Il est aussi relevé l’absence de coordination des actions au niveau central dans la mise en œuvre de ce programme.
Selon la Banque mondiale, le Sénégal présente des avantages démographiques pour l’éradication de la pauvreté par les filets sociaux. «La grande force d’un pays comme le Sénégal, c’est sa population, sa croissance économique y dépend. Donc, il est essentiel d’avoir une population bien formée, productive. Les ménages les plus pauvres, s’ils ne sont pas en mesure d’avoir des enfants en bonne santé, bien nourris, capables de bien apprendre à l’école et devenir des acteurs productifs de la société, c’est un manque à gagner terrible pour le Sénégal. Ce serait une perte épouvantable que de ne pas réaliser le potentiel de cette population», a soutenu la Banque mondiale dans un rapport.
Sur le plan africain, la Banque mondiale se félicite de la mise en place de filets sociaux par les Etats. Cependant, note le rapport, les cibles ne sont pas toujours atteintes. Les réussites se nomment Ghana, Kenya, Séné­gal et Tanzanie dans un continent où «la plupart des programmes restent encore à une échelle beaucoup moins importante».
bgdiop@lequotidien.sn

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