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Une meilleure gestion des terres émergées et de l’alimentation peut contribuer à faire face au changement climatique. C’est en substance ce que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a fait savoir dans un nouveau rapport publié hier.

Dans son nouveau rapport, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a indiqué que «ce n’est qu’en réduisant les émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs, y compris les terres émergées et l’alimentation, que l’on pourra contenir le réchauffement mondial bien en deçà de 2° C». Le document publié hier «montre qu’une meilleure gestion des terres peut contribuer à faire face au changement climatique». Dans leurs explications, les experts de cette organisation soutiennent que «les terres doivent rester productives pour maintenir la sécurité alimentaire en dépit de la croissance démographique et des effets néfastes du changement climatique sur la végétation qui ne cessent de croître». Partant de ce fait, ils indiquent que «nous ne disposons donc que d’une marge de manœuvre limitée pour tirer parti des terres émergées afin de faire face au changement climatique». Il s’agit par exemple de «la mise en place de cultures énergétiques et le boisement». Selon eux, il faut également «du temps pour que les arbres et les sols stockent efficacement le carbone». Pour éviter de mettre en péril la sécurité alimentaire, la biodiversité et favoriser la dégradation des sols, les experts estiment que «la bioénergie doit être gérée avec soin». Dans le but d’obtenir les résultats souhaités, ils recommandent d’adopter «des politiques et des systèmes de gouvernance adaptés aux besoins locaux». Le rapport indique que «la planète pourra mieux faire face au changement climatique si l’accent est mis sur la durabilité». D’ailleurs, Jim Skea, coprésident du Groupe de travail III du Giec, cité dans le document, a déclaré que «les terres émergées jouent un rôle important dans le système climatique». D’après lui, «l’agriculture, la foresterie et d’autres types d’utilisation des terres représentent 23% de nos émissions de gaz à effet de serre». Il ajoute que «parallèlement, les processus terrestres naturels absorbent une quantité de dioxyde de carbone équivalent presqu’au tiers des émissions dues aux combustibles fossiles et à l’industrie». C’est tout le sens du rapport qui «montre qu’une gestion durable des sols nous aiderait à faire face au changement climatique».

«500 millions de personnes vivent dans des zones touchées par la désertification»
Attirant l’attention sur les conséquences de la dégradation des sols, les auteurs du document soulignent que «lorsque le sol est dégradé, il devient moins productif». «Il est plus difficilement cultivable et perd de sa capacité à absorber le carbone», ont-ils déclaré. Pis, selon eux, «ce phénomène exacerbe le changement climatique, lequel exacerbe encore la dégradation des sols à de nombreux égards». D’après les statistiques, «environ 500 millions de personnes vivent dans des zones touchées par la désertification». En même temps, il est constaté que «les zones arides et celles touchées par la désertification sont également plus vulnérables au changement climatique et aux phénomènes extrêmes». Il s’agit de la sécheresse, des vagues de chaleur, des tempêtes de poussière. A cela s’ajoute, selon le rapport, la croissance de la population mondiale qui «exerce une pression supplémentaire».
Pour faire face à la dégradation des sols et prévenir de nouveaux changements climatiques, des options envisageables sont exposées. Selon les experts, «une action coordonnée pour lutter contre le changement climatique peut tout à la fois améliorer l’état des sols, la sécurité alimentaire et la nutrition et contribuer à éliminer la faim». Par ailleurs, il est noté qu’il existe «des moyens de gérer les risques et de réduire les vulnérabilités des terres et du système alimentaire». Dans le document, il est souligné que «la gestion des risques permet d’accroître la résilience des populations en cas de phénomènes extrêmes, ce qui a des répercussions sur les systèmes alimentaires». Les auteurs du rapport estiment qu’il est «possible de passer par des modifications du régime alimentaire ou une diversification des cultures de manière à enrayer la dégradation des terres». Et aussi «à améliorer la capacité d’adaptation aux extrêmes climatiques ou à la variabilité des conditions météorologiques». Un autre moyen de s’adapter aux effets néfastes du changement climatique, indique le rapport, «est de réduire les inégalités, d’accroître les revenus et de garantir un accès équitable à la nourriture». Cela, «afin que certaines régions (où la terre ne peut pas fournir une nourriture adéquate) ne soient pas désavantagées». Dans la même veine, il est recommandé de recourir «à des méthodes de gestion et de partage des risques, dont certaines peuvent déjà être appliquées, comme les systèmes d’alerte précoce».

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