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La stratégie des groupes armés pour financer leurs activités ou augmenter leurs effectifs, c’est de faire recours à la traite des personnes. La révélation est faite dans le nouveau rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc). Le document renseigne que des enfants et des adultes sont exploités sous différentes formes.

La traite des êtres humains est utilisée comme stratégie par les groupes armés pour financer leurs activités ou augmenter leurs effectifs dans les conflits du monde entier. C’est la principale information donnée dans le rapport publié par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc). Le document renseigne que «le recrutement d’enfants à des fins militaires est largement documenté dans les conflits, entre autres en Afrique centrale et au Moyen-Orient». Les groupes en question, selon l’Onudc, «se livrent également au trafic d’adultes et d’enfants pour l’extraction minière ou d’autres industries extractives». Ce, explique le document, dans le but de «répandre la peur et contrôler la population locale». Les femmes et les filles ne sont pas épargnées. D’après le rapport, ces dernières sont «victimes de la traite à des fins ‘’d’esclavage sexuel’’ pour stimuler le recrutement et récompenser les soldats». Dans les zones de conflit, informe le rapport, «non seulement les groupes armés, mais aussi d’autres criminels se livrent à la traite des personnes fuyant le danger et les persécutions». Ainsi, les populations déplacées de force ont été «la cible de trafiquants, notamment des réfugiés syriens et iraquiens, des Afghans et des Rohingyas». Le rapport montre aussi que «les circonstances engendrées ou exacerbées par les conflits armés telles que les déplacements, la faiblesse de l’Etat de droit, les difficultés socioéconomiques, la fragmentation sociale et l’éclatement des familles augmentent la vulnérabilité des personnes».

«L’exploitation sexuelle représente 59% de la traite et le travail forcé 34%»
S’agissant des victimes de la traite dans le monde selon le genre, le rapport révèle que 70% d’entre elles sont des femmes. «Environ la moitié sont des femmes adultes, tandis que les filles représentent un cinquième de toutes les victimes et leur part du total est en augmentation», a-t-on ajouté dans le document. De même, il est précisé que «l‘exploitation sexuelle reste la principale fonction de la traite, avec 59% environ, tandis que le travail forcé représente environ 34% de tous les cas détectés». Concernant les enfants, le rapport souligne que «les tendances semblent légèrement différentes». D’après les auteurs du document, «si les garçons sont principalement victimes de la traite à des fins de travail forcé (50%), nombre d’entre eux sont également victimes d’exploitation sexuelle (27%) et d’autres formes d’exploitation telles que la mendicité, les enfants soldats et les actes criminels forcés». S’agissant des filles victimes de la traite, elles sont à «72% des cas soumises à l’exploitation sexuelle et dans 21% des cas au travail forcé».
Par ailleurs, le document de l’Onudc informe qu’à «l’échelle mondiale, les pays détectent et signalent plus de victimes et condamnent un plus grand nombre de trafiquants». Selon le rapport, «le nombre de victimes signalées a atteint plus de 24 mille en 2016, et l’augmentation du nombre de victimes détectées a été plus prononcée sur le continent américain et dans certaines régions d’Asie». L’étude révèle également que «la part des victimes nationales, c’est-à-dire les personnes victimes de la traite à l’intérieur de leur propre pays, a plus que doublé, passant de 27% en 2010 à 58% en 2016». Révélant les continents et les pays d’origine des victimes de la traite, le rapport souligne que la plupart d’entre elles «qui sont détectées dans une région étrangère sont originaires d’Asie de l’Est ou d’Afrique subsaharienne». Expliquant cette situation, les auteurs du rapport indiquent que «cela peut être lié au degré élevé d’impunité dans ces régions». Cependant, renseigne le document, «les pays les plus riches du monde sont plus susceptibles d’être des destinations pour les victimes d’origine plus lointaine». Pour une réponse adaptée à cette situation, les auteurs préconisent «une coopération internationale accrue». Convaincu de la pertinence de la coopération pour trouver une solution à ce problème, Yury Fedotov, directeur exécutif de l’Onudc, soutient que «bien que nous soyons loin de mettre fin à l’impunité, les efforts internationaux et nationaux visant à appliquer efficacement le Protocole contre la traite des personnes ont fait une différence». D’après lui, «au cours des dix dernières années, la proportion de pays n’ayant enregistré aucune condamnation est passée de 15 à 9%, et certains pays ont enregistré leur première condamnation entre 2014 et 2016». Analysant les données publiées dans le rapport, M. Fedotov soutient que ce document «montre que nous devons renforcer l’assistance technique et la coopération, aider tous les pays à protéger les victimes et à traduire les criminels en justice, et atteindre les objectifs du développement durable».
dkane@lequotidien.sn

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