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Accroître les investissements dans le capital humain et procéder à la mise en œuvre progressive d’un système de couverture sociale universelle pour tirer profit des possibilités qu’offre la technologie : c’est l’une des recommandations faites par la Banque mondiale dans un rapport sur le développement dans le monde.

«Pour tirer parti des possibilités qu’offre la technologie, on aurait besoin d’un nouveau contrat social axé sur l’accroissement des investissements dans le capital humain et la mise en œuvre progressive d’un système de couverture sociale universelle.» C’est l’un des enseignements à tirer du rapport de la Banque mondiale sur le développement dans le monde. Dans le document, la Banque mondiale renseigne que «la multiplication des plateformes d’échanges permet plus que jamais aux technologies de toucher plus rapidement un plus grand nombre d’individus». Les auteurs informent que «particuliers et entreprises peuvent échanger des biens et des services sur des plateformes en ligne à l’aide d’une simple connexion large bande». Selon eux, «ce modèle économique, fondé sur des activités à grande échelle sans actifs massifs, offre des possibilités d’emploi à des millions de personnes vivant hors des pays industrialisés, voire des zones industrielles». Seulement, précisent-t-ils, «ces mêmes personnes sont confrontées à la demande de nouvelles compétences». C’est la raison pour laquelle, souligne la Banque mondiale, «il faut impérativement investir dans le capital humain si l’on veut tirer le meilleur parti de l’évolution des perspectives économiques». Dans son document, la Bm cite trois types de compétences qui prennent de plus en plus d’importance sur le marché de l’emploi. Il s’agit «des compétences cognitives comme la résolution de problèmes complexes, des compétences socio-comportementales comme l’aptitude au travail d’équipe et la combinaison de différents types de compétences qui permettent de prédire la capacité d’adaptation comme le raisonnement et l’efficacité personnelle». Pour développer ces compétences, les experts de la Bm indiquent que «les pays ont besoin d’asseoir leur capital humain sur des bases solides et promouvoir l’apprentissage permanent».

Le développement de la petite enfance non-prioritaire
Soulignant que «les bases du capital humain, qui sont établies dans la petite enfance, gagnent en importance», les auteurs du document font remarquer que «les autorités des pays en développement n’accordent pas une place prioritaire au développement» de cette couche de la population. De même, ils déclarent que «l’incidence de l’enseignement de base sur le capital humain est loin d’être optimale». Citant l’agenda du travail décent de l’Organisation internationale du travail, le rapport renseigne que «la création d’emplois formels est la meilleure mesure à adopter pour cueillir les fruits des mutations technologiques». Le rapport souligne cependant que «dans de nombreux pays en développement, la majorité des travailleurs restent confinés dans des emplois peu productifs, souvent informels et peu exposés à la technologie». Ainsi, déplore la Banque mondiale, «faute d’emplois de qualité dans le secteur privé, des jeunes pétris de talent ont peu de chances de trouver un emploi salarié». D’ailleurs, les statistiques montrent que «les diplômés d’université hautement qualifiés représentent actuellement près de 30 % de la réserve de main-d’œuvre au chômage dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord». Il est également constaté que «de meilleures offres de formation des adultes permettent aux décrocheurs scolaires de se recycler en tenant compte de l’évolution de la demande sur le marché du travail».
Le document attire également attention sur le «besoin d’investissements dans les infrastructures, dont les plus notables visent à offrir aux populations de pays en développement toujours laissées pour compte un accès abordable à internet». Dans la même veine, le document revient sur l’importance de «l’accroissement des investissements dans les infrastructures routières, portuaires et urbaines dont les entreprises, l’Administration et les individus ont besoin pour tirer pleinement parti du potentiel des nouvelles technologies». L’adap­­tation à la nouvelle génération d’emplois requiert aussi la protection sociale. Pourtant, précise le document, «dans les pays en développement, huit personnes sur dix ne bénéficient d’aucune assistance sociale, et six sur dix travaillent dans l’informel, sans police d’assurance». Toutefois, la Banque mondiale reconnaît que «l’inclusion sociale requiert une certaine marge de manœuvre budgétaire qui fait défaut à de nombreux pays en développement en raison de l’étroitesse de leur assiette fiscale, de l’importance de leur secteur informel et de l’inefficacité de leur Adminis­tration».

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