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En 2017, la situation de la sécurité alimentaire ne s’est pas améliorée. Au contraire, il a été noté la progression de la faim dans le monde et plus particulièrement en Afrique. Dans le dernier rapport conjoint sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition publié par l’Organisation mondiale de la Santé (Oms), l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao), le Fonds international de développement agricole et Unicef, on note que «le nombre total de personnes sous-alimentées, ou en situation de manque chronique de nourriture, est passé de 804 millions environ en 2016 à près de 821 millions en 2017». En Afrique subsaharienne, les prévisions actuelles estiment que le nombre de personnes sous-alimentées «pourrait avoir dépassé 236 millions en 2017».

Des efforts accrus doivent d’être faits pour lutter contre l’insécurité alimentaire dans le monde. Le rapport 2018 sur l’état de la sécurité alimentaire révèle une progression de la faim dans le monde. Le document publié par des organismes des Nations-Unies, souligne que d’après les «données disponibles, le nombre de personnes souffrant de la faim est en augmentation depuis trois ans et retrouve son niveau d’il y a 10 ans». Dans le rapport, on note que «le nombre total de personnes sous-alimentées, ou en situation de manque chronique de nourriture, est passé de 804 millions environ en 2016 à près de 821 millions en 2017». Les auteurs du document informent que «la situation s’aggrave en Amérique du Sud et dans la plupart des régions d’Afrique, et le recul de la sous-alimentation, qui caractérisait l’Asie jusqu’à une période récente, semble considérablement ralentir dans cette région». Concernant l’Afrique, le continent le plus touché par la faim, les données montrent que dans la zone Nord, la prévalence de la sous-alimentation en 2017 était de 8,5%, en Afrique subsaharienne 23,2%, en Afrique de l’Est 31,4%, en Afrique centrale 26,1%, en Afrique australe 8,4% et en Afrique de l’Ouest 15,1%. Le rapport renseigne ainsi que le nombre de personnes sous-alimentées en Afrique subsaharienne est passé de 181 millions en 2010 à près de 222 millions en 2016, soit une augmentation de 22,6 % en six ans. Une situation qui ne s’est pas améliorée. D’après les prévisions actuelles, le nombre de personnes sous-alimentées «pourrait avoir dépassé 236 millions en 2017». Analysant ces données, les organismes du système des Nations-Unies soulignent la nécessité de redoubler d’efforts pour ne manquer totalement l’objectif de l’élimination de la faim d’ici à 2030 fixé par les Odd.

Parmi les principaux facteurs : la variabilité du climat
Parmi les causes de la sous-alimentation, le document cite les conflits dans certains pays mais aussi les changements climatiques. Ainsi l’édition 2018 de ce rapport montre «le rôle du climat, et plus particulièrement la variabilité du climat et les extrêmes climatiques». Il a été constaté que «la variabilité du climat et les extrêmes climatiques figurent, en effet, parmi les principaux facteurs à l’origine de la récente recrudescence de la faim dans le monde et sont l’une des causes principales des graves crises alimentaires». Les études menées montrent que «la nature nouvelle de la variabilité du climat et des extrêmes climatiques a une incidence sur toutes les dimensions de la sécurité alimentaire (disponibilité, accès, utilisation et stabilité), ainsi que sur les autres causes sous-jacentes de la malnutrition (alimentation des enfants et soins qui leur sont apportés, services de santé et santé de l’environnement) ». Partant de ces résultats, les auteurs du document soutiennent que «le risque d’insécurité alimentaire et de malnutrition est accru aujourd’hui car les moyens d’existence et les actifs de subsistance, surtout parmi les pauvres, sont plus exposés et plus vulnérables à la variabilité du climat et aux extrêmes climatiques». Pour empêcher cette menace sur les acquis obtenus ces dernières années en matière de lutte contre la faim et la malnutrition, les experts des Nations-Unies appellent «la communauté internationale à accélérer et à élargir les mesures visant à renforcer la résilience et la capacité d’adaptation face à la variabilité du climat et aux extrêmes climatiques». Aux gouvernements nationaux et autorités locales, il leur est demandé de s’appuyer «sur les conclusions et les recommandations des plateformes et processus mondiaux existants». Il s’agit entre autres de «la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques et l’Accord de Paris de 2015 pour ce qui concerne le changement climatique ; le Cadre d’action de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030, dans le domaine de la réduction des risques de catastrophe; le Sommet humanitaire mondial de 2016 et le «Grand Bargain» (grand compromis) pour les interventions humanitaires d’urgence, la deuxième Conférence internationale sur la nutrition (Cin2) (…)».

Augmentation de l’obésité chez les adultes
Abordant la question de la bonne nutrition, «pierre angulaire du développement durable et facteur de transition vers un avenir plus viable et plus prospère», les auteurs du rapport constatent que «le retard de croissance chez les enfants est en baisse et l’allaitement exclusif au sein pendant les six premiers mois progresse». Toutefois, ils soulignent que «bien que la prévalence de l’excès pondéral chez les enfants de moins de cinq ans soit stable depuis quelques années, l’obésité chez les adultes est en augmentation et une femme sur trois en âge de procréer est anémiée». Le rapport renseigne également qu’on rencontre «de multiples formes de malnutrition dans de nombreux pays». Les études révèlent qu’un «accès limité à la nourriture, et en particulier à des aliments bons pour la santé, contribue à la dénutrition ainsi qu’à l’excès pondéral et à l’obésité». Cette situation s’explique par «le coût des aliments nutritifs plus chers que les autres, le stress causé par l’insécurité alimentaire et les adaptations physiologiques aux restrictions alimentaires». Et aussi par le fait que «les familles, qui vivent dans l’insécurité sur le plan alimentaire, soient plus exposées au risque d’excédent pondéral et d’obésité». «Les carences alimentaires chez les mères et chez les nourrissons et les enfants peuvent marquer d’une «empreinte métabolique» la vie fœtale et la petite enfance, avec pour effet d’accroître le risque d’obésité et de maladies non transmissibles liées au régime alimentaire plus tard dans l’existence», a-t-on alerté.
dkane@lequotidien.sn

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