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Les répercussions du Covid-19 ont interrompu 20 ans de progrès au profit de la réalisation des Objectifs de développement durable (Odd) des Nations unies et accentué les inégalités en Afrique, selon le rapport annuel Goalkeepers de la Fondation Gates.

Le rapport annuel Goal­keepers de la Fondation Gates publié hier, présente de nouvelles données illustrant la façon dont le Covid-19 a négativement impacté la réalisation des Objectifs de développement durable. Selon le document, les répercussions de la pandémie ont interrompu 20 ans de progrès au profit de la réalisation des Objectifs de développement durable (Odd) des Nations unies et accentué les inégalités en Afrique. Il montre que, selon pratiquement tous les indicateurs, le monde a régressé.
Mieux mentionne le rapport, «l‘Afrique a fait d’énormes progrès en termes de réduction de la pauvreté. Il y a eu une diminution de 28 % du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté depuis 1990. Mais à la fin de 2020, 13 millions d’Africains devraient passer sous le seuil de pauvreté dans le meilleur des cas, et 50 millions dans le pire. Le nombre de décès dus au paludisme pourrait doubler cette année par rapport à 2018, et 80 millions d’enfants de moins d’un an pourraient être exposés à des maladies évitables à l’échelle planétaire».
Par ailleurs, note le document, «les dégâts économiques causés par la première récession frappant le continent en 25 ans accentuent les inégalités. Les femmes et d’autres groupes vulnérables souffrent de manière disproportionnée ; les habitants des pays à faible revenu sont confrontés à des difficultés alimentaires et les fermetures d’écoles désavantagent injustement les enfants qui vivent dans les zones rurales».

Des pays dont le Sénégal innovent pour relever le défi
Le rapport met aussi en lumière les pays qui innovent pour relever les défis. Malgré ces énormes contraintes, écrivent Bill et Melinda Gates, co-auteurs du rapport, «les pays africains innovent pour relever ce défi, et le monde a beaucoup à apprendre de la réponse apportée par le continent». En Afrique du Sud, relèvent-ils, «le gouvernement déploie des unités mobiles de dépistage,; au Nigeria, le secteur privé lève des fonds pour renforcer les ressources et en Afrique de l’Ouest, des millions de personnes bénéficient de nouveaux transferts de fonds améliorés. Au Sénégal, les scientifiques mettent au point des respirateurs artificiels de pointe à faible coût et au Kenya, des partenariats publics-privés permettent aux communautés rurales et isolées de se connecter à Internet».

Appel à une réponse commune
«La réponse à la pandémie de Covid-19 nous a montré certaines de meilleures facettes que l’humanité a à offrir : des innovations révolutionnaires, des actes héroïques de la part de travailleurs de première ligne et des personnes lambda qui font de leur mieux pour leurs familles, leurs voisins et leurs communautés», écrivent Bill et Melinda Gates. Et d’ajouter : «Nous sommes face à une crise mondiale commune qui exige une réponse mondiale commune.»
Le rapport indique clairement qu’aucun pays ne pourra relever seul ce défi. Bill et Melinda Gates estiment que «toute tentative d’un pays de se protéger aux dépens d’autres pays ne fera que prolonger les difficultés qu’a provoquées la pandémie. Le développement et la fabrication de vaccins ne permettront pas de mettre rapidement un terme à la pandémie s’ils ne sont distribués de manière équitable».
Cheikh Oumar Seydi, directeur pour l’Afrique de la Fondation Bill et Melinda Gates, ne dit pas le contraire. «Nous avons besoin d’une collaboration mondiale solide avec les dirigeants des gouvernements et du secteur privé pour garantir à tout un chacun d’avoir accès à un traitement sûr et efficace contre le coronavirus, sans né­gliger la moindre personne», dit-il.
Bill et Melinda Gates rappellent que «le Fonds monétaire international prévoit qu’en dépit des 18 000 milliards de dollars déjà dépensés pour stimuler les économies du monde entier, l’économie mondiale perdra 12 000 milliards de dollars ou plus d’ici à la fin 2021». Ils expliquent qu’il «existe des limites inhérentes à ce que les pays à faible et moyen revenus peuvent faire pour soutenir leurs économies, qu’elle que soit l’efficacité avec laquelle celles-ci ont été gérées. Si les pays à revenu élevé ont mobilisé 22% de leur Pib au profit des dépenses d’urgence, ce chiffre n’est que de 3% en Afrique subsaharienne».

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