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Les progrès réalisés dans le domaine de la santé et la réalisation des Odd sont menacés par la résistance aux antimicrobiens. Le nouveau rapport réalisé par le groupe spécial de coordination inter-institutions des Nations unies sur la résistance aux antimicrobiens revient sur les conséquences de ce problème. Des recommandations sont formulées pour y apporter une solution.

La résistance aux antimicrobiens continue d’inquiéter. Dans un nouveau rapport réalisé par un groupe de travail composé d’organismes des Nations unies comme l’Oms, la Fao, l’Organisation mondiale de la santé animale, l’attention est encore attirée sur ce problème mondial qui menace «un siècle entier de progrès dans le domaine de la santé, en même temps que la réalisation des objectifs de développement durable». Dans leur document, les auteurs informent que les «agents antimicrobiens (notamment les antibiotiques, les antiviraux, les antifongiques et les anti-protozoaires) sont des outils essentiels pour lutter contre les maladies chez l’homme, les animaux et les plantes terrestres et aquatiques, mais ils deviennent peu à peu inefficaces». Pour montrer la gravité de la situation, le rapport renseigne que «des niveaux de résistance alarmants ont été signalés dans des pays de tous niveaux de revenus». La conséquence c’est que «des maladies communes deviennent incurables et que des procédures médicales conçues pour mettre les patients hors de danger deviennent plus risquées à mettre en œuvre». Le document montre aussi que cette résistance «menace la marche vers la concrétisation de bon nombre d’Objectifs de développement durable (Odd) ». Il s’agit notamment des Odd concernant «la santé, la sécurité alimentaire, l’accès à une eau saine et à l’assainissement, une consommation et une production responsables, la réduction de la pauvreté et des inégalités». Insistant sur les conséquences désastreuses de la résistance aux antimicrobiens, le rapport souligne qu’on n’a pas «le temps d’attendre». «A défaut d’actions urgentes déployées à l’échelle planétaire, la résistance aux antimicrobiens aura des effets catastrophiques dans moins d’une génération», a-t-on alerté. D’ailleurs, pour les auteurs du rapport, «les infections pharmaco-résistantes sont d’ores et déjà la cause de 700 000 décès chaque année, dont 230 000 imputables à une tuberculose multi-résistante». Selon le rapport, si rien n’est fait, ces «chiffres pourraient atteindre les 10 millions par an d’ici 2050 selon le scénario le plus pessimiste». Pour les experts, «sans un effort soutenu de lutte contre la résistance aux antimicrobiens, près de 2,4 millions de personnes pourraient perdre ainsi la vie entre 2015 et 2050 dans les pays à haut revenu». Le préjudice pourrait être aussi économique comme celui «comparable aux chocs infligés par la crise financière mondiale de 2008-2009». Avec, précise le rapport, «une augmentation écrasante des dépenses en soins de santé, des répercussions sur la production alimentaire, les échanges commerciaux et les modes d’existence, et une aggravation supplémentaire de la pauvreté et des inégalités».

Recommandations
Pour trouver une solution à cette résistance aux antimicrobiens, les auteurs du rapport recommandent le renforcement de «la prévention et la lutte contre les infections dans les établissements de soins de santé et les exploitations agricoles». Selon les auteurs, il faut utiliser  «les outils disponibles et assurer un accès adéquat à l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans les établissements de soins de santé, les exploitations agricoles, les établissements scolaires, les foyers ou encore les lieux publics». D’après eux, ces outils sont essentiels «pour parvenir à enrayer la transmission des maladies ainsi que l’émergence et la propagation de facteurs de résistance aux antimicrobiens chez les êtres humains, les animaux et les végétaux, et dans les denrées alimentaires et l’environnement». Il est conseillé aussi le renforcement de la «surveillance, des cadres réglementaires, l’éducation et la formation professionnelles ainsi que la supervision de la prescription et de l’usage des antimicrobiens». Le document précise qu’intensifier la sensibilisation «chez toutes les parties prenantes» fait partie aussi des «défis importants, qui doivent être relevés d’urgence». Ce, pour parvenir «à instaurer une utilisation responsable des antimicrobiens et maîtriser la résistance à ces agents chez l’homme, les animaux, les végétaux et dans les denrées alimentaires et l’environnement». Il est également préconisé d’arrêter «immédiatement l’utilisation en tant que stimulants de la croissance des antimicrobiens figurant sur la liste Oms». D’après les auteurs du document, cela serait «une première étape essentielle vers la suppression totale de l’utilisation des antimicrobiens à des fins de stimulation de la croissance». Le document insiste aussi sur la nécessité de faire plus «d’efforts, d’investissements et de mesures incitatives pour stimuler l’innovation en matière de médicaments antimicrobiens (…)».
dkane@lequotidien.sn

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