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L’Afrique de l’Ouest traîne encore les pieds dans la lutte contre le Sida, qui devrait être éradiqué en 2023. D’après l’Onusida, il faut inventer de nouvelles stratégies pour atteindre les objectifs.

Le rapport mondial de l’Onusida 2019 a été lancé hier au Sénégal en prélude à la Journée mondiale de lutte contre le Sida célébrée le 1er décembre prochain. Patrick Brenny, Di­recteur régional de l’Onusida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Gilles Fagniou, Directeur adjoint de l’Unicef et Dr Safiétou Thiam, Secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls) ont partagé les différentes tendances du rapport, qui montre que l’Afrique de l’Ouest et du Centre accuse du retard par rapport à l’Afrique de l’Est, qui a présenté plus d’avancées dans la lutte pour éradiquer l’épidémie du Sida en 2023. Selon Dr Mamadou Lamine Sakho, qui a présenté le document, en Afrique de l’Est, 51% des personnes ont accès aux Arv, 64% connaissent leur statut et 39% ont le sang totalement éliminé du virus, c’est-à-dire la charge virale nulle. «Nous sommes assez faibles par rapport à l’Afrique de l’Est», diagnostique Dr Sakho qui reconnait que le diagnostic et le traitement sont encore faibles chez les enfants et les nourrissons dans la région Ouest. «C’est le dispositif général qui est faible, c’est pourquoi nous ne sommes pas arrivés à 100%», poursuit Dr Sakho qui estime que «l’épidémie est beaucoup plus élevée chez les jeunes de 15 à 49 ans. La disponibilité des Arv chez les enfants est estimée à 27%», dévoile Dr Sakho qui note que de nouvelles infections sont beaucoup importantes dans des pays comme le Niger et le Nigeria.
Face à cette situation, le mot-clé du rapport de l‘Onusida, d’après Patrick Brenny, Directeur régional de l’Onusida pour l’Afrique de l’Ouest et du centre, «est de redoubler d’effort» en misant sur la communauté pour venir à bout de l’épidémie du Sida d’ici 2023. «Il faut qu’on renforce nos efforts et intègre la réponse communautaire», soutient le patron de l’Onusida de la région ouest et centre de l’Afrique de l’Ouest. «L’Afrique de l’Ouest et du Centre a moins de résultats dans la lutte contre le Sida», constate, amère, Dr Safiétou Thiam, Secrétaire exécutive du Cnls, qui se félicite du fait que le Sénégal  «peut se réjouir pour les objectifs des trois 90 d’avoir 72%, 84% et 64%». Malgré tout, Dr Thiam tire la sonnette d’alarme : «nous sommes à un mois de 2020, nous devons redoubler d’effort, imaginer de nouvelles stratégies, mobiliser davantage les communautés pour atteindre les objectifs», recommande celle qui constate que «80% des personnes sont dépistés» au Sénégal. Ce qui pousse Dr Safiétou Thiam à inciter les relais communautaires sénégalais à porter ce taux à 90% en 2020 pour arriver à l’éradication de l’épidémie en 2023 au Sénégal. Jetant une pierre dans le jardin de ceux qui lui reprochent d’avoir «baissé la garde», la patronne du Cnls rappelle que sous son magistère, de belles victoires ont été obtenues dans la croisade contre l’épidémie en citant l’appui du Fonds mondial, qui continue de «mettre la main à la poche». L’enveloppe de 14 milliards d’euros acquise au sortir d’une rencontre à Lyon, selon Mme Thiam, prouve que «le Sida reste élevé dans l’agenda international» nonobstant la réduction du soutien financier des décideurs à la lutte contre cette épidémie.

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