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Les jeunes, issus des différentes régions, vont produire un rapport complémentaire des enfants sur la charte africaine des droits et le bien-être de l’enfant (Cadbe). Ce rapport va s’adresser au Comité africain des experts sur les droits et le bien-être de l’enfant. Ce sera la première fois au Sénégal que des enfants produisent un rapport, qui parle des problématiques, qui les concernent directement. Le rapport des enfants va compléter celui de l’Etat sur la mise en œuvre des droits des enfants au Sénégal.

«Nous voulons que notre Etat mette en place des politiques pour maintenir les enfants à l’école. Nous voulons que l’Etat veille au respect des droits des enfants.» Le souhait n’est pas nouveau. L’intérêt est que cette fois-ci, la parole est portée par des enfants. Aussi ces paroles s’adressent aux membres du Comité africain des experts sur les droits et le bien-être des enfants. Une démarche inédite. D’habitude, les préoccupations et la protection des droits des enfants sont portées par des adultes, qui forcément, ne tiennent pas en compte des avis des enfants dans les procédures ou décisions les concernant. Amadou Lamine Touré et Mamy Diodio Ba sont des élèves. Ils viennent respectivement de Kaolack et de Diourbel. Ils sont venus, ainsi que d’autres participer, à l’atelier national d’écriture du rapport complémentaire des enfants sur la Chartre africaine des droits et le bien-être de l’enfant (Cadbe).
Durant leur séjour à Dakar ces enfants, membres des Conseils consultatifs des jeunes des différents départements et régions du pays ou membres d’autres organisations de jeunesse sous la supervision de la Coalition nationale des associations et Ong en faveur des enfants (Conafe) vont produire leur propre rapport complémentaire. Une occasion pour les enfants d’écrire leur propre rapport mais aussi d’échanger et d’analyser des problématiques sources de violation de leurs droits. Une première dans l’expérience du Comité africain des experts sur les droits et le bien-être de l’enfant.
Mais avant d’en arriver à cette étape de production du rapport complémentaire, les enfants ont suivi un atelier d’orientation méthodologique initié toujours par la Conafe. Ils ont collecté des données sur différentes thématiques à savoir la mendicité, les grossesses précoces, le mariage précoce, la drogue, l’exploitation des enfants dans les zones aurifères, le phénomène des motos Jakarta etc. Mamy Diodio Bâ, 16 ans, élève en classe de seconde à Diourbel est préoccupée par le phénomène de l’abandon scolaire, la mendicité, le mariage précoce et l’exploitation des enfants par les parents qui selon elle prend de l’ampleur dans sa région à Diourbel. Son camarade, Amadou Lamine Touré en classe de terminale, a relevé dans sa région (Kaolack) les grossesses précoces, le phénomène motos Jakarta qui poussent les jeunes à la déperdition scolaire et aussi à la mendicité des enfants.
Les enfants ont constaté que ces phénomènes ont des impacts graves et néfastes sur leur bien-être. Prenant l’exemple de la mendicité, Amadou Lamine Touré déplore les soi-disant marabouts et certains parents, qui envoient les enfants dans la rue pour mendier. Aussi, relève-t-il, à cause de la pauvreté, qui règne dans certains foyers, des parents encouragent les enfants dans le business des motos Jakarta au détriment des études.
«De plus en plus des jeunes quittent l’école pour se consacrer à ce business», regrette le jeune lycéen. Ce rapport sera un puissant plaidoyer des enfants auprès du comité africain et certainement poussera les Etats africains à davantage faire des efforts pour une Afrique respectueuse des droits des enfants.
ndieng@lequotidien.sn

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