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L’état de la population mondiale en 2019, «une tâche inachevée» ! Ainsi, le Fond des Nations unies pour la population (Unfpa) présente sommairement la situation mondiale de la population dans son rapport annuel, lancé hier. Un constat d’échec où une invite faite aux Etats dans le but de les inciter à poursuivre les efforts entamés il y a 25 ans, lors de la Conférence internationale sur la population et le développement.
En réalité, l’Unfpa appelle les Etats à poursuivre l’acquisition des droits et des choix pour tous. Malgré les efforts, l’analyse de la situation montre que la tâche est encore inachevée. Et selon la représentante résidente de l’Unfpa, Cécile Compaoré Zoungrana, des obstacles «d’ordre politique, social, économique, juridique persistent encore et ils doivent être franchis afin que les femmes et les filles, victimes d’inégalité, soient en mesure d’exercer pleinement leurs droits», plaide-t-elle.
Et Pape Madiop Diop d’ajouter que la situation des femmes, surtout en Afrique de l’Ouest et du Centre, mérite encore des efforts. Au Sénégal, l’inégalité entre les sexes constitue un obstacle à l’origine des autres. «Les normes sociales inéquitables entre les hommes et les femmes freinent considérablement la capacité des femmes et des filles à faire librement des choix et leurs droits en matière de sexualité et de procréation», souligne Mme Zoungrana. La femme n’a pas encore atteint la totalité de ses objectifs en termes d’autonomie. Et selon le rapport, cette situation remet en cause le pouvoir des femmes et leur capacité à exprimer et à défendre leurs droits et besoins. A cela il faut ajouter les pratiques néfastes justifiées par des normes sociales inégales, les mariages d’enfants et précoces, l’excision, les viols, un accès pas toujours facile à la contraception, aux soins pré et post natals, soins obstétricaux et néonatals d’urgence, à la prévention ou le traitement des infections sexuellement transmissibles dans certaines parties du pays. Des défis qui rappellent aux gouvernants que les aspirations humaines de la Conférence internationale sur la population et le développement (Cipd) n’ont rien perdu de leur pertinence.
Force est de constater que la tâche n’est certes pas achevée, mais elle a quand même évolué dans le bon sens. En 1969, «il y avait presque un vide», rappelle Pape Madiop Diop, chargé des programmes à l’Unfpa. A cette époque, la prise en compte de la variable population dans les politiques et programmes n’existait pas. Et aujourd’hui, grâce aux politiques publiques mises en place par les gouvernements, des pays ont noté des avancées, notamment la forte diminution des indicateurs sociodémographiques, la baisse de la mortalité maternelle. Au Sénégal, elle passe de 511 décès pour 100 mille naissances en 1994 à 315 décès pour 100 mille naissances. En 2012, le taux de mortalité néonatale est passé de 26 pour mille à 21 pour mille en 2016. Quant au taux de mortalité infantile, c’est-à-dire les moins d’un an, il est passé de 43 pour mille en 2012 à 36 pour mille en 2016. Celui de la mortalité infanto-juvénile (moins de 5 ans) est passé de 65 pour mille en 2012 à 51 pour mille en 2016, selon les chiffres du rapport. Il en est de même pour l’accès aux produits contraceptifs qui est passé de 6% en 1994 à presque 29% en 2019, selon toujours le rapport.
ndieng@lequotidien.sn

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