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La section sénégalaise d’Amnesty international a présenté son rapport annuel sur la situation des droits humains dans notre pays. Lors d’une conférence de presse hier, le directeur exécutif de cette organisation au Sénégal a noté des régressions par rapport à l’année dernière. Selon Seydi Gassama, les libertés d’expression et de manifester sont toujours soumises à des restrictions. A cela s’ajoutent les procès inéquitables, les conditions carcérales difficiles, les morts en détention et aussi l’exploitation des enfants.

En faisant la situation des droits de l’Homme dans notre pays, la section sénégalaise d’Amnesty international a noté «des régressions par rapport à l’année passée». Selon le directeur exécutif d’Amnesty Sénégal qui présentait le rapport de son organisation, «les droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression sont restés soumis à des restrictions, les conditions de détention demeurent particulièrement dures et les enfants ont été cette année encore contraints de mendier dans la rue». Autre point noir souligné dans ce rapport, la question des procès inéquitables. Concernant celle-ci, Amnesty Sénégal illustre ses propos par l’exemple du maire de Dakar qui est en train d’être jugé. Selon Seydi Gassama, Khalifa Sall, «placé en détention le 7 mars, inculpé pour association de malfaiteurs, complicité et usage de faux en écritures privées de commerce, faux et usage de faux dans les documents administratifs, de détournement et escroquerie portant sur les deniers publiques et de blanchiment de capitaux», a vu «la liberté sous caution» lui être refusée «à plusieurs reprises». M. Gassama est aussi revenu sur l’épisode de la levée de son immunité parlementaire à la demande du Parquet lorsqu’il a été élu député lors des dernières Législatives. A ce propos, Amnesty Sénégal relève la question de l’indépendance de la justice. En outre, cette organisation déplore aussi «le caractère ciblé des poursuites lancées dans le cadre de la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics». Pour Seydi Gassama, l’affaire Khalifa Sall en est la confirmation. «Ces poursuites semblent viser uniquement des leaders de l’opposition alors qu’aucune suite n’est donnée aux rapports des corps de contrôle de l’Etat concernant la gestion des personnalités proches du pouvoir. Nous observons une absence d’égalité des citoyens devant la justice qui est tout à fait inacceptable dans un Etat de droit et qui doit prendre fin immédiatement», a-t-il demandé.

Morts en détention et situation carcérale dure
La question des morts en détention au Sénégal a aussi été abordée dans ce rapport. D’après Amnesty international, des cas de décès continuent toujours d’être enregistrés dans les commissariats de police et brigades de gendarmerie. A en croire M. Gassama, «il y a au moins 4 personnes qui sont décédées dans les locaux de ces deux corps des forces de sécurité». «Pour les deux, on nous a dit que les détenus se seraient suicidés ; ce qui nous semble totalement invraisemblable. Comment un détenu qui est supposé être à la vue des agents chargés d’assurer la garde peut-il se suicider ? Dire aux familles qu’une personne s’est suicidée dans un commissariat ou une gendarmerie est totalement inacceptable. La police et la gendarmerie cherchent à se dédouaner en évoquant le suicide ; c’est inacceptable», a-t-il encore fustigé. Pour Amnesty Sénégal, il faut que des enquêtes «soient menées et que les coupables soient traduits en justice». Quid de la situation carcérale ? Cette organisation de défense des droits de l’Homme renseigne que «le problème de la surpopulation carcérale persiste et les conditions de vie dans les établissements pénitentiaires étaient toujours très éprouvantes». En attestent, d’après les auteurs de ce rapport, les «quatre personnes mortes en détention» en 2017.
La lancinante question de la mendicité des enfants n’a pas été occultée dans ce nouveau rapport d’Amnesty international. A en croire Seydi Gassama, si 1 500 enfants ont été retirés de la rue entre 2016 et 2017, 1 000 y sont de retour. Pour le défenseur des droits humains, il n’y a pas eu de suivi et de contrôle. «La plupart de ces établissements n’ont fait l’objet d’aucun contrôle officiel et de nombreux enfants ont été renvoyés de force dans la rue pour y mendier. Très peu d’enquêtes ou de poursuites visant les auteurs de ces agissements ont été ouvertes», a-t-il fait savoir.
dkane@lequotidien.sn

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