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La raréfaction du poisson inquiète Ibrahima Diagne, Docteur en chimie analytique, qui a fait des recherches sur la question. Exposant, avant-hier, son sujet de mémoire intitulé: «Caractérisation des paramètres physico-chimiques et métalliques des eaux usées déversées dans les côtes dakaroises et leur impact sur les poissons : application au dosage du zinc, du fer et du chrome dans deux espèces de poissons (Mugil curema et Diplodus sargus cadenati)», l’enseignant-chercheur au laboratoire chimie physique organique et analyse environnementale au département de Chimie de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), diagnostique que les eaux usées est  l’une des causes de la raréfaction des poissons. Il explique : «Comme application, j’ai choisi la Baie de Hann et Soumbédioune. Ce sont des zones de débarquement de poissons et ces mêmes sites reçoivent des eaux usées provenant des canaux sans aucun traitement préalable.» En plus, poursuit le Docteur en chimie : «Ces sites reçoivent les déchets solides  qui sont contaminants. Ces eaux usées sont très riches en éléments contaminants, qui peuvent contaminer les poissons. Ce phénomène s’appelle la bio accumulation par les poissons.». Pis, ajoute l’enseignant-chercheur à la Faculté des sciences et techniques de l’Ucad, «ces contaminants peuvent également atteindre l’homme, le principal consommateur de poissons, par le biais de la bio amplification». Pour dire, selon Ibrahima Diagne, «c’est ce qui m’a poussé à faire ces études». Des études qui l’ont amené, d’abord, «a analysé les eaux avant le déversement dans les eaux aquatiques, mais aussi analysé leur impact dans le milieu aquatique. Une fois dans les eaux aquatiques, ces eaux usées peuvent modifier le milieu, diminuer la teneur en oxygène et il y a des matières organiques provenant des eaux qui sont essentielles à la vie aquatique. Mais si ces matières organiques sont importantes, elles vont être dégradées par les bactéries et cette dégradation sera accompagnée d’une diminution de la teneur en oxygène. Et les poissons ont besoin d’oxygène pour survivre. Ce qui peut entraîner la raréfaction des poissons par une mort rapide». Il s’y ajoute que «ces eaux usées, une fois dans le milieu marin, peuvent contenir des substances toxiques qui ont deux effets». Il s’agit, selon Docteur Diagne, de «l’effet immédiat et l’effet à court terme qui entraînent la mort rapide des poissons». Aussi, «il y a un effet différé ou à long terme qui peut entraîner une accumulation des contaminants en fonction du temps et une bio amplification dans la chaîne alimentaire et dans ce cas l’homme devient le principal concerné. C’est ce qui m’a poussé à faire cette étude». Et de signaler : «On peut supposer que ce phénomène est  l’une des causes de la raréfaction des poissons.» Ce membre actif du mouvement associatif dans la commune de Ngaye Mékhé, inspiré, selon lui, «par Mamadou Mbengue Guèye, responsable de l’Alliance pour la République (Apr), Administrateur et Directeur général de la Société nouvelle des auxiliaires de transport (Snat), une personne qui fédère toutes les énergies à Mékhé surtout par ses gestes nobles, son engagement, sa volonté de participer à l’émergence de Ngaye Mékhé», rêve de participer à la recherche scientifique sur l’environnement et la qualité des eaux, pour minimiser la pollution.
nfniang@lequotidien.sn

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