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Après le débrayage qu’ils ont observé hier, les enseignants de Matam se sont retrouvés à l’Ins­pection d’académie de Matam pour faire part de leurs revendications, qui ont conduit à des grèves répétées dans le système éducatif depuis le début du mois de février 2018. A l’instar de leurs collègues des autres régions, ils réclament le respect des accords signés avec le gouvernement, sans quoi, l’année scolaire est vouée à l’échec. Tour à tour, des secrétaires généraux du Saemss, du Cusems, Sels, Sels/A, de l’Uden, du Sneals /Fc ont pris la parole devant le représentant de l’inspecteur d’académie de Matam. Ils réclament à l’unanimité, le respect des accords signés et un meilleur traitement pour l’enseignant «ce patriote», formateur des dirigeants de demain. Selon Djibril Doumbouya, secrétaire régional du Saemss, notre «action s’inscrit dans le cadre de la lutte syndicale enclenchée par le niveau central pour exiger du régime en place le respect des accords signés». Face à ses camarades qui ont bravé la chaleur de Matam pour répondre à l’appel des syndicats, M. Doum­bouya surligne la détermination de ses collègues. «L’heure est grave parce que nous sommes menacés, mais également notre carrière est menacée, nous avons en face un Etat qui ne comprend pas l’intérêt et le rôle prépondérant de l’éducation pour l’émergence», insiste le syndicaliste. Poursuivant, il re­grette que les enseignants soient méprisés et diabolisés par le régime de Macky Sall. «Des accords qui ont pourtant été jugés réalistes et réalisables peinent à être respectés depuis 2014 à maintenant», a fustigé Djibril Doubouya qui se désole d’avoir en face de lui, un Etat qui ne respecte pas sa parole, ni ses engagements. Avec «la persistance des retards de paiement et des ponctions illégales des salaires des enseignants», les syndicalistes, à travers leur représentation, ont réclamé unanimement lors de leur sit-in à l’Ia de Matam, sanctionné par une déclaration, la matérialisation de tous les accords signés, l’augmentation substantielle et l’alignement de l’indemnité de logement, l’ouverture de négociations sérieuses pour la mise en œuvre des mesures correctives relatives aux inquiétudes notées dans le système de rémunération des agents de la Fonction publique.
Répondant à ceux qui reprochent aux enseignants de ne demander que des avantages pécuniaires, Djibril Doumbouya précise que dans leur plan d’actions, il y a l’importante question des passerelles professionnelles, qui est un besoin exprimé de bénéficier d’une formation pour l’efficience et la qualité dans l’enseignement, un accord acquis depuis 2011 sous le règne de Wade, mais qui peine toujours à être matérialisé. Cepen­dant, leurs revendications ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd, puisque le représentant de l’Ia a promis de rendre compte aux supérieurs hiérarchiques.
d.dem@lequotidien.sn

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