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A son arrivée au pouvoir, Macky Sall voulait réduire le nombre et la taille des agences d’exécution héritées de Wade. 7 ans après, il en est encore à poursuivre le même objectif, pour réduire celles qu’il a lui-même ajoutées sans doute.

Le président de la République a dû, une fois de plus, faire encore le constat de l’échec de l’un de ses programmes phare. En effet, le communiqué du Conseil des ministres nous a appris hier que Macky Sall a exprimé «sa volonté d’engager la rationalisation des agences d’exécution et entités assimilées soit par fusion, soit par mutation juridique en société anonyme ou en établissement public». Le président de la République, d’après le communiqué du conseil, «a, à cet effet, donné des instructions au ministre Secrétaire général du gouvernement, et le ministre des Finances et du budget de lui dresser dans les meilleurs délais, le plan de rationalisation de ces entités et, subséquemment, d’envisager un plan de redéploiement des personnels de ces entités ou un plan social, selon le cas».
On sait que cette «rationalisation» ou dégraissement, a pendant longtemps, été l’une des demandes insistantes des partenaires économiques et financiers du Sénégal, qui les jugeaient pléthoriques et budgétivores. Dès son arrivée au pouvoir, Macky Sall a voulu s’attaquer à ce dossier, en faisant passer certaines d’entre elles à la trappe. On a ainsi constaté la disparition du Fnpj, de l’Anej, de l’Ofejban, de l’Anpt ou de l’Agence chargée des marchands ambulants. Néanmoins, il a fallu aussi relever que l’Anpt a très rapidement fait la place à l’Aspt, à la demande des opérateurs économiques du secteur du tourisme. De même, l’Anpej, qui devait synthétiser le travail des 4 agences chargées de l’emploi des jeunes, s’est aussi retrouvée doublée par la Der, dotée d’un budget très conséquent. A se demander si le chef de l’Etat croit encore à l’utilité de cette structure née de sa propre volonté. De plus, il a créé d’autres agences également, comme celle encadrant les Agents de sécurité de proximité (Asp).
Si, comme noté dans le communiqué du Conseil des ministres, un plan social devait intervenir pour certaines des structures à dégraisser ou à supprimer, on se demande s’il va concerner en priorité tous ces parents et alliés politiques entrés dans ces agences pour servir les intérêts du Dg de la structure. Dans beaucoup de ces structures, les recrutements ne se font plus sur appel à candidatures, a tenu à signaler un agent de l’une desdites agences, qui se rappelait le parcours du combattant qu’avait été son recrutement il y a une dizaine d’années. «Main­tenant, notre agence est devenue le déversoir de la commune de…», dit-il en citant le village de son chef. Une manière de dire que le seul critère de recrutement est devenu l’appartenance à ce terroir.
Il reste à espérer que Macky Sall ne fasse pas intervenir, dans un avenir plus ou moins proche, une nouvelle rationalisation de la rationalisation des agences d’exécution.
mgueye@lequotidien.sn

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