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Mankeur Ndiaye, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, chef de la Minusca, milite pour une réussite du processus de mise en place de la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation en République centrafricaine. Invitant tous les acteurs à s’impliquer, il a réaffirmé hier à Bangui la volonté de la Minusca à accompagner ces consultations nationales devant aboutir à une réconciliation des Centrafricains.

La République Centrafri­caine veut aborder une nouvelle page de de son histoire. Et pour ce faire, l’Onu ne veut pas rester indifférente à cette démarche. C’est ainsi qu’il faut comprendre le sens de l’allocution du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, chef de la Minusca dont Le Quotidien a obtenu copie. Mankeur Ndiaye s’est donc évertué hier à Bangui, lors du lancement officiel de l’Opération des consultations nationales, pour la mise en place de la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation en insistant sur l’importance de cette structure qui va prochainement être mise en place. Puisque la rencontre d’hier est, au regard du Représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, chef de la Minusca, «une étape cruciale dans le processus de mise en œuvre de l’agenda national de justice transitionnelle et revêt à nos yeux une triple importance» : «importance du symbole, (celle) du sens de cette cérémonie dans le contexte de la recherche de la vérité et de la justice (et) (l’) importance politique».

«Rester attentifsà la lutte contre l’impunité»
L’adoption d’une approche consultative comme première étape d’une procédure législative dévolue, en principe, au gouvernement et à l’Assemblée nationale, est en effet, d’après Mankeur Ndiaye, une façon pour les autorités centrafricaines de jeter «les bases de la légitimité de la future Commission vérité, justice, réparation et réconciliation». Le processus devant aboutir à la mise en place de cette structure chargée d’établir les faits et de favoriser la réconciliation entre les Centrafricains reste «une étape majeure dans l’œuvre de pacification du pays». «Avec la Cour pénale spéciale et les juridictions ordinaires, la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation contribuera à répondre à un passé douloureux et à formuler des solutions pour éviter la non-répétition des crimes qui ont eu lieu», explique le diplomate onusien. Qui ne peut manquer d’inviter : «Il nous faudra tous rester attentifs à la lutte contre l’impunité afin de donner plein effet aux droits des victimes à la vérité, à la justice et à la réparation. Ce qui ne se fera certainement pas sans un système de protection des victimes sur toute l’étendue du territoire pour leur participation effective à toutes les étapes du processus de recherche de la vérité».
Pour le chef de la Minusca, l’importance politique de la cérémonie d’hier réside dans le fait qu’«elle représente un acte fondamental dans la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (Appr-Rca) dans le cadre duquel nous agissons ensemble pour un retour définitif de la paix en République centrafricaine». Aussi, exhorte-t-il «toutes les parties signataires de l’Appr-Rca à contribuer à la création de conditions favorables au bon déroulement des consultations à la base».
Le représentant du patron de l’Onu en Rca affichera l’optimisme de son équipe «quant au fruit de ces consultations, qui devront servir de base à la préparation de l’avant-projet de loi portant création de la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation». Et Mankeur Ndiaye d’annoncer : «Les travaux de la Commission inclusive prévue à l’Appr-Rca seront pris en compte par la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation selon des modalités à définir.»
Le diplomate onusien reste persuadé que «le nouvel élan post 6 février 2019, est vital dans la marche vers la paix et la réconciliation nationale». D’où son appel insistant à l’endroit de tous de poursuivre les «efforts pour une opérationnalisation effective de toutes les dispositions de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation qui offrent des outils de transformation positive de la situation que vit le Pays et de dépassement politique des clivages».

«Que justice soit faite et que les crimes graves ne soient pas impunis»
Pour le chef de la Minusca, la Commission vérité, justice, réparation et réconciliation doit impérativement favoriser «l’établissement de la vérité, condition sine qua non pour un renouvellement du pacte social». «Il faudra aussi que justice soit faite, et que les crimes graves ne soient pas impunis», plaide l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères. Dans le même sillage, «des réparations devront être faites aux victimes, des mesures réconciliatrices adoptées et des réformes institutionnelles transformatives projetées dans le système de gouvernance ainsi que les secteurs de la sécurité et de la justice». «Il s’agit-là de quelques garanties de non-répétition collectivement tirées des leçons apprises de la crise pour rallumer en chaque membre du corps social, l’espoir d’un futur partagé dans une république qui s’approprie davantage tous les mécanismes de l’Etat de Droit pour offrir à toutes ses filles et fils une jouissance effective des droits de l’Homme et libertés fondamentales consacrées par la Constitution», fait remarquer l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise.
Face aux «obstacles (qui) ne manqueront pas» et à leur «volonté (qui) ne devra jamais fléchir», Mankeur Ndiaye évoque une ambition «grandiose» qui «exigera» de tous les acteurs «un engagement de tous les instants». D’autant plus que, pour lui, «les Centrafricains ont droit à la vérité, droit à la justice, droit aux réparations et droit à une société paisible et juste».
Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies rappellera le mandat du Conseil de sécurité donné à la Minusca par la Résolution 2448. Les dispositions de celle-ci invitent, en effet, la Minusca à «appuyer les efforts déployés par les autorités centrafricaines pour traiter la justice transitionnelle dans le cadre du processus de paix et de réconciliation».

ndieng@lequotidien.sn 

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