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Deux doigts de la journaliste Mbayang Sarr Faye du site «Thiey Dakar» ont été cassés, vendredi dernier, lors de son agression en plein reportage. Elle a été brutalisée par des jeunes s’identifiant au Mouvement des élèves et étudiants libéraux (Meel), du Parti démocratique sénégalais (Pds). En effet, c’était à la permanence du Pds au cours d’une bataille rangée qui a opposé des militants libéraux à des partisans de Bara Gaye, qui ont tenté de saborder la cérémonie du lancement de la vente des cartes. Les hommes du maire libéral de la commune de Yeumbeul-Sud ont dénoncé la mise à l’écart de leur mentor. Réagissant à cet acte de violence, la Convention des jeunes reporters du Sénégal (Cjrs) condamne, dans un communiqué remis à la presse hier, «avec vigueur, ces actes inacceptables récurrents que subissent les acteurs des médias dans l’exercice de leur métier».
Cette agression s’ajoute à une longue liste d’actes similaires dont l’attaque qui a été victime Adja Ndiaye, agressée récemment par des policiers. Le président de la Cjrs, Ibrahima Baldé, et ses camarades demandent aux autorités et aux organisateurs des rencontres de prendre toutes les dispositions pour assurer la sécurité aux reporters, dont la mission est d’informer les populations, où qu’elles se trouvent. Selon la Cjrs, «le tort Mbayang Sarr Faye a été juste de se rendre audit lieu pour faire son travail, c’est-à-dire informer en temps réel, mais juste et vrai. Malheureusement, des jeunes politiciens s’en sont pris à cette brave dame et mère de famille, jusqu’à lui casser deux doigts».
La concernée avait, à travers le réseau social, Facebook, dénoncé, avant-hier mercredi, le manque de soutien des organisations de journalistes à son endroit. «Même pour être soutenue par des pairs, tu dois payer un prix qui, même au détriment de tes principes, tu le verseras à un groupuscule qu’il faut pousser à réagir quand une jeune journaliste, d’un site d’infos en ligne est agressée physiquement. Des «Lol», j’en distribue à tous ceux qui ont fait semblant de compatir en haut et d’hésiter en bas. Je ne suis pas dans les «grands organes», mais je suis et reste journaliste de formation et de profession», fustigeait Mbayang Sarr Faye. Et cette dernière d’ajouter : «Par passion et conviction, sur la base de mes principes et non par hasard ou par relation. La justice est là pour tout le monde, heureusement qu’elle n’appartient à aucun groupe ou réseau. Et ce sont des personnes, qu’on traite de non journalistes (à quelques exceptions), d’intrus dans la profession qui m’ont guidée et aidée dans ma quête de justice.» Elle apprend qu’elle a déposé sa plainte contre ses agresseurs, et qu’elle ira jusqu’au bout, «non pas pour elle, mais pour ses enfants, qu’elle n’arrive plus à porter, ni bercer et jouer avec eux comme elle en a envie».

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