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Pour Thierno Bocoum l’Etat, qui est «en pleine noyade» sur la gestion du Covid-19, «ne peut se prévaloir de sa propre turpitude». Le président du mouvement Agir exige du respect à l’égard des Sénégalais qui n’attendaient que «des mesures cohérentes pour s’en accommoder».

«Cette propension de certains membres du pouvoir à tout mettre sur le dos des populations dans l’échec de la gestion chaotique du Covid-19 est inacceptable.» Thierno Bocoum est un homme en colère mais reste mesuré. Le président du mouvement Agir ne comprend pas pourquoi les autorités rejettent la responsabilité aux Sénégalais dans la progression de la pandémie à coronavirus. «Les populations ont bon dos. Qui peut répondre au nom des populations ? Personne. Ils (les responsables du pouvoir) préfèrent s’adresser à une entité qui ne parlera pas et qui ne désignera pas son porte-parole de sitôt», a-t-il dit dans un communiqué. Selon M. Bocoum, «l’Etat est en pleine noyade dans le lac du mimétisme en ignorant ses réalités socio-économiques» et «ne peut se prévaloir de sa propre turpitude». Le leader d’Agir d’ajouter : «Quand l’Etat ne met en œuvre aucune mesure d’accompagnement pour un secteur privé occupant 90% de l’activité économique, il ne doit pas s’étonner que des Sénégalais crient famine. Quand l’Etat crée des marchés nébuleux autour de la pandémie et enrichit des privilégiés, il ne doit s’étonner que les frustrations s’agrandissent au moment où le plus petit franc du Sénégalais est réclamé pour constituer une manne financière de lutte contre la pandémie.» Selon l’ancien député du parti Rewmi, quand on demande à ses compatriotes de vivre avec le virus «sans les prémunir du risque de mourir du virus en prenant des dispositions exigeant le respect des mesures barrières et le port systématique du masque, on ne doit pas s’étonner du nombre de morts important que nous recensons, presque quotidiennement».

«Il n’y a pas eu d’Etat dans la gestion de cette pandémie»
Thierno Bocoum de s’interroger ironiquement : «Quel est ce pays sérieux qui a décidé de vivre avec le virus sans mettre en place un mécanisme de sanction contre les citoyens récalcitrants aux mesures barrières ? Il n’existe pas. Quelle est cette population au monde qui respecte scrupuleusement toutes les mesures d’un gouvernement sur simple recommandation ? Elle n’existe pas. Quel est aussi cet Etat sérieux qui exige le port du masque sans en distribuer en quantité industrielle, qui veut sanctionner les récalcitrants sans donner des moyens de déploiement à ses forces de sécurité et de défense ?» Cet opposant estime que vivre avec le virus «doit être accompagné de la présence régalienne de l’Etat avec des mesures qui s’appliquent erga omnes». D’après M. Bocoum, «quand un Etat finit par faire comprendre qu’il est incapable de gérer une crise et qu’il n’est passable que dans la gestion courante d’un pouvoir, cela dénote un mal profond». C’est ce mal qu’il faut soigner, corriger, insiste-t-il, exigeant du respect à ces Sénégalais qui n’attendaient que «des mesures cohérentes pour s’en accommoder». Avant de conclure : «Il n’y a pas eu d’Etat dans la gestion de cette pandémie. Ni les structures de santé ni le personnel de santé ne l’ont senti si ce n’est du saupoudrage qui a vite montré ses limites. Seuls les marchés de riz et autres intéressaient ceux qui nous gouvernent. Les marchés sont finis, les bras sont croisés. De grâce, qu’ils ne les décroisent pas juste pour pointer d’un doigt accusateur les populations. Ça suffit !»

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