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Diplômé au métier de réalisateur à l’école de cinéma Cinecours depuis 2008, l’Etalon de Yennenga au Fespaco 2019, Joel Karekezi, est un Rwandais qui a été récompensé dans de nombreux festivals avec The pardon, (le pardon), son premier court métrage réalisé en 2009 suivi tout de suite après de son premier long métrage Imbabazi, le pardon. Et en 2012, le scénario de The Mercy of the jungle (la miséricorde de la jungle), qui raconte l’histoire du sergent Xavier, héros de guerre, et du jeune et inexpérimenté soldat Faustin qui sont en territoire ennemi et combattent dans une guerre floue. Les deux se retrouvent seuls, sans ressources, face à l’inextricable jungle congolaise réputée pour être la plus vaste, la plus dense et la plus hostile du continent. Pris en étau par les conflits qui font rage tout autour d’eux, ils n’ont d’autre choix que de s’enfoncer dans un enfer vert, selon le réalisateur Joël Karekezi. Ce film dont le scénario a obtenu en 2012 le prix du projet le plus prometteur au marché du film de Durban a gagné à la 26e édition de Fespaco l’Etalon d’or de Yennenga. Mais dans le public du Fespaco, certains ont laissé entendre que cette récompense n’était pas méritée et que c’était juste lié au fait que le Président rwandais, Paul Kagamé, était présent à la cérémonie de clôture du festival (de même que d’ailleurs le Président malien, Ibrahima Boubacar Keïta et celui du Burkina Kaboré). Cette année, le Rwanda était l’invité d’honneur du Festival. Interpellé sur ces propos, le réalisateur Rwandé, Joël Karekezi, a apporté la réplique. «Ceux qui disent cela doivent d’abord voir le film. C’est un film qui sort en salle, en France, Belgique, qui a été dans beaucoup de festivals, Toronto, Chicago. C’est un film qui voyage. Oui c’est un film qui est prêt à être dans les compétions et ici on gagne parce qu’on est méritant», répond-il.
Après avoir beaucoup voyagé et participé à plus de 25 festivals, gagné à Chicago dans le New directors competition, le réalisateur est convaincu que la récompense du Fespaco ne vient que confirmer les qualités du film que plusieurs festivals ont déjà reconnues et appréciées. «Ça veut dire qu’il y a de la qualité. Ce n’est pas un cadeau qu’on me donne. Ce prix est bien mérité», poursuit-il.
Aujourd’hui au lieu de regarder en arrière et de prêter une oreille à la médisance, ce qui est plus important pour le réalisateur de La miséricorde de la jungle, c’est de savourer le temps présent et de se projeter vers l’avenir. «Aujourd’hui c’est un grand jour. C’est un film qu’on a fait, ce n’était pas facile. Et gagner ce soir, c’est un appui. Ça m’encourage à faire le prochain très bientôt. Je dois faire des films et continuer à en faire», a-t-il dit. A l’Afrique et aux Afri­cains, il conseille de continuer à se développer, à vivre en paix. Dans le domaine du cinéma, il exhorte les cinémas africains à raconter leur propre histoire, à faire leur propre cinéma.

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