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Le collectif «René Sanchez pour la sauvegarde du stade Assane Diouf» fait de moins en moins de sorties dans la presse par rapport à son combat pour la restitution dudit stade. Malgré ce silence, le président du collectif, Pape Cheikh Niang, et ses camarades continuent de croire à la promesse du chef de l’Etat, Macky Sall, de leur rendre le stade. Ils se disent rassurés avec la sortie du site du matériel de construction des promoteurs du projet Kawsara, même si…

Le collectif «René Sanchez pour la sauvegarde du stade Assane Diouf» fait de moins en moins de sorties médiatiques sur la lenteur de la procédure au sujet de la restitution dudit stade. «Ce silence est dû tout simplement parce que le président de la République s’était prononcé à ce sujet. Et d’après les informations que nous avions eues, il y avait un contentieux qui devrait être vidé(…) Avec les élections, nous avons estimé de laisser le temps qu’elles se terminent pour qu’on puisse relancer. Mais on n’a jamais arrêté. Nous tenons nos réunions régulièrement», explique d’emblée le président dudit collectif, Pape Cheikh Niang joint au téléphone.
Sur le site, la présence de toute personne étrangère, de surcroit un journaliste, n’est pas souhaitable par les gardiens qui veillent sur ce qui reste du projet Kawsara. Ils sont sur place de jour comme de nuit. Nous avons eu un aperçu sur le périmètre grâce à la complicité d’un habitant qui nous a autorisés à monter sur la terrasse de sa maison pour voir.
Des tonnes de fer rouillé à cause de l’usure du temps, des engins et autres matériaux abandonnés, du béton sont aujourd’hui prisonniers de l’herbe et des plantes qui ont poussé sur le site. Les eaux de pluie stagnent dans certains endroits. Mais d’après des informations, confirmées par le président du collectif, «les promoteurs du projet ont commencé depuis un certain temps à sortir le matériel vers une destination que nous ignorons». Cependant une source assure que l’opération peut encore prendre 6 mois ou plus.

«On croit toujours aux promesses du président de
la République»
De toutes les façons, ce retard est loin de décourager les membres du collectif, déterminés à avoir gain de cause. Ils continuent de croire à la promesse de Macky Sall. «On ne peut pas ne pas y croire. Parce que des actes ont été posés. En 2012 lors du second tour, il avait dit qu’il allait rendre le stade aux populations. Deux ans après, il a arrêté les travaux. Et l’année dernière, il a reparlé du problème du stade, qu’il allait le rendre et qu’il allait mettre un budget de 20 milliards. Et présentement, nous voyons qu’au niveau du stade, le matériel qui était installé là-bas pour le projet Kawsara est en train d’être sorti», soutient Pape Cheikh Niang.
Par ailleurs, il a tenu à préciser : «Au début notre combat, ce n’était pas seulement la sauvegarde du stade. C’était sa sauvegarde et sa réhabilitation.» Selon notre interlocuteur, dans la conception faite par leur mouvement, il est prévu sur le site, en dehors du terrain de football, un terrain de basket, une piste d’athlétisme, des salles de conférences, des locaux prévus pour la formation aux métiers de sport. Conscient que les travaux seront assurés par l’Etat, le collectif souhaite quand même être reçu en audience par le président de la République pour lui présenter la maquette.

«On a essayé de nous corrompre. On a même risqué
notre vie»
La destruction du stade, situé à quelques jets de pierre de la célèbre prison de Rebeuss, a eu des conséquences sans précédent pour les équipes navétanes de Xandalou et Kussum.  «On ne cesse de le répéter. En termes de performance, ces deux équipes, qui s’entrainaient au niveau du stade et même l’Us Gorée, ne font plus de performance. Ils ne gagnent plus rien du tout. Les conséquences sont énormes, on ne peut pas les mesurer», rappelle M. Niang avec un pincement au cœur.

«C’est un combat national !»
Revenant sur les obstacles dressés sur leur chemin, Pape Cheikh Niang regrette un fait : «On a essayé de nous corrompre. On a même risqué notre vie dans ce combat. Il y a eu des menaces, il y a eu tout ce qu’il fallait pour qu’on abandonne le projet.» C’est ainsi, ajoute-t-il, d’autres ont quitté le navire de guerre avant l’heure «parce qu’ils ont accepté certaines choses».
Malgré ces départs notés, M. Niang et les autres camarades ne lâchent pas prise. Aujourd’hui, il tient à lancer un message à l’opinion mais surtout à la presse. «Qu’on arrête ! Ce combat, ce n’est pas un combat de Rebeuss. C’est un combat des Dakarois, des sportifs voire un combat national», a-t-il conclut au bout du fil.

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