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Cheikh Dieng, chargé des élections Pds : «Nous exigeons que les candidats participent à tout le processus de vérification des parrainages»
«C’est encore la preuve que cette loi sur le parrainage était irréfléchie parce que le Conseil constitutionnel n’a manifestement pas les moyens techniques et humains pour vérifier les parrainages. Et nous sommes dans une incohérence flagrante puisque les moyens de vérification ont été décidés après que les candidats ont déjà collecté leurs parrainages. Donc, on définit les règles du jeu à la fin du jeu. Le Code électoral dit que le Conseil peut mettre en place un dispositif de vérification. Maintenant, pour ce dispositif, tout le monde sait parfaitement que la Daf (Direction de l’automatisation des fichiers) est sous le contrôle absolu du ministre de l’Intérieur qui la manipule à sa guise. Je rappelle que la Daf est en amont et en aval du processus de contrôle des parrainages. Donc, sa présence ne nous rassure pas parce qu’elle est impliquée aussi dans le processus de production et de distribution des cartes d’électeur. Et on a vu ce qu’il en est. Avec la Daf, c’est encore le ministre de l’Intérieur qui veut se donner les moyens d’éliminer des candidats. Pour ces experts indépendants que le Conseil constitutionnel va désigner, je ne connais pas l’étendue de leurs responsabilités et rôles. Mais en tout état de cause, le Pds exige que les candidats qui doivent être évalués participent à tout le processus de contrôle et de vérification des parrainages.»

Ousmane Badiane, Bby
«Je crois que le souci d’une délibération sereine a prévalu»
«Il faut dire que, par tradition, le Conseil constitutionnel ne s’est jamais réuni avec les partis politiques. Et, pour une rencontre avec des candidats, je crains que cela soit conflictuel dès lors que les politiques ont souvent des points de vue partisans alors que le juge constitutionnel est quand même au-dessus des partis. C’est la raison pour laquelle nous devons faire confiance à notre justice, à notre système électoral. Nous avons un système qui a produit deux alternances politiques sans aucune contestation. Et c’est le fait de notre système qui regorge d’esprits compétents et républicains pour mettre en avant l’intérêt supérieur de la Nation. Le Code électoral dit que le Conseil constitutionnel peut, c’est donc facultatif et non un impératif, mettre en place un dispositif de vérification en présence des représentants des candidats. Mais le Conseil a estimé que cela n’est pas nécessaire. Je crois que le souci d’une délibération sereine a certainement prévalu. Il n’a pas donné les motivations mais c’est comme ça que j’interprète cette décision. De toute façon, l’opposition a toujours eu des suspicions. Elle s’est déjà engagée dans une perspective de contestation des résultats, quels qu’ils soient en soutenant que le pouvoir a des résultats préfabriqués et deux ou trois fichiers. Elle doit accepter les règles du jeu. Le Conseil va s’attacher les services d’experts en matière électorale, juridique, informatique et de la société civile connue pour leur indépendance et leur neutralité. Ça aussi, on ne peut pas le refuser. L’opposition n’a qu’à se préparer à aller à ces élections.»
hamath@lequotidien.sn

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