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Seynabou Diop, journaliste à Trade fm

« Qu’il pleuve, neige ou vente je suis sur le terrain mais je n’ai pas de cotisation sociale»
«On est optimiste quant à l’adoption du nouveau code.  Généralement les journalistes ont un bac+3 mais on reçoit un traitement inadéquat. Avec ce nouveau code, les prestataires vont être embauchés. Et les stages qu’on renouvelle un million de fois vont disparaitre. La cotisation sociale, beaucoup n’en ont pas. Je travaille dans le vide, ma retraite n’est pas assurée alors que je n’ai pas de vie du fait de mon travail. Qu’il pleuve, neige ou vente je suis sur le terrain mais je n’ai pas de cotisation sociale. Les reportages sous le soleil c’est nous et quand il s’agit de voyager, ce sont les patrons qui y vont.»

Fatoumata Diop, journaliste de Sen Tv
«Avec ce nouveau code on aura une assurance financière»
«C’est pratiquement les reporters qui abattent l’essentiel du travail avec généralement un statut de stagiaire. En votant ce nouveau code, cela va certainement changé. Il va faciliter notre travail car on aura une assurance financière pour bien faire notre travail. Il va aussi permettre d’assainir le milieu car on a en besoin parce qu’on nous envahit juste pour les perdiems. Ce nouveau code va régler ce problème.»

Ndiol Maka Seck, journaliste Le Soleil

«Les patrons, des négriers pour la plupart, ne pourront plus exploiter les journalistes»
«Tout le monde le sait, les reporters vivent dans des conditions très difficiles. On a vu un organe qui n’a pas payé ses journalistes pendant 2 ans. Ils sont nombreux les journalistes qui n’ont pas de contrat. Les reporters sont mal payés et n’ont pas de protection sociale. Il faut rectifier cette situation injuste. Une partie de la solution réside dans l’adoption du nouveau code. Ce code va poser des garde-fous parce que certains patrons, des négriers pour la plupart, ne pourront plus exploiter les journalistes comme ils le font en ce moment.»

Abdou Khadre Seck, journaliste à Vibes radio
«Si les Sénégalais connaissaient nos salaires, ils allaient faire une collecte de fonds pour nous»
«Exercer le métier de journaliste dans ce pays, c’est être courageux. C’est difficile dans la mesure où nous sommes le seul secteur qui peut appuyer sur un levier pour résoudre un problème alors qu’on a du mal à se l’appliquer. Notre problème est la précarité. Je suis certain que si les Sénégalais savaient ce que nous recevons chaque fin du mois, ils allaient faire une collecte de fonds. Sur le plan socio-économique on galère grave. Il n’y a aucun respect des textes. La loi qui a été votée en 2016 au sujet des stages, aucun organe de presse ne la respecte. Les patrons de presse sont les complices et les responsables de cette situation. Aujourd’hui, ils se lèvent pour nos conditions et être à nos côtés. C’est une farce. Il faut secouer le cocotier. L’aide à la presse qui ne profite qu’aux patrons de presse.

Amadou Sabar Ba de Médione Tv
«La corporation est comme un métier de prostitution»
«L’adoption du nouveau code va permettre de différencier le journaliste de celui qui ne l’est pas. Aujourd’hui la corporation est comme un métier de prostitution. Maintenant tout le mon­de est journaliste. Les ratés de l’université sont des journalistes etc. Avec la carte de presse nationale, ce problème sera réglé.»

Mamadou Oumar Kamara, étudiant au Cesti
«Je n’ai pas peur de devenir journaliste malgré leurs conditions de travail»
«Je n’ai pas peur de devenir journaliste malgré leurs conditions de travail. C’est vrai que tout le monde n’a pas les mêmes idées mais il serait bien d’harmoniser le milieu de la presse. on est en contact permanent avec les professionnels du secteur qui nous informent mais vu que chacun à sa trajectoire, on va assumer.»

Massamba Mbaye, directeur de D média
«Les entreprises de presse sont sur un marché qui a ses réalités»
«Quand on parle de précarité, on évoque l’aspect structurel. S’il y a des problèmes c’est au niveau des entreprises de presse, elles-mêmes. Elles sont sur un marché qui a ses réalités. Un lectorat réduit, des annonceurs qui sont trop peu nombreux, etc. C’est énormément de choses qu’il faut peut-être indexer sur le plan de la logique entrepreneuriale plutôt que de parler de patron de presse. Ce qui est sûr c’est ce que permet la loi. Je ne vois pas pourquoi une entreprise de presse ne le ferait pas normalement. Y’a-t-il des abus ? On verra cas par cas. On ne peut pas généraliser. La législation du travail est très précise, il y a des garde-fous. Le vrai débat n’est pas celui sur la responsabilité des patrons de presse parce que quand on entreprend dans les médias, on est ensemble avec les employés. Les entreprises de presse doivent faire de la génération de revenus pour s’entretenir en respectant les règles d’éthique et de déontologie qui parfois limitent l’entreprenariat. C’est autant d’éléments qu’il faut mettre ensemble pour comprendre ce qui se passe  dans la presse. Ce nouveau code ne va pas tout régler, il va créer un environnement favorable.»

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