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Face aux exigences du Mouve­ment du 5 Juin – Rassem­blement des forces patriotiques (M5-Rfp) contre le pouvoir du Président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a décidé, en l’espace de presque trois tours d’horloge, d’opter pour la fermeté contre tout membre des parties aux prises dans les tensions politiques qui ont cours au Mali qui tenterait de s’opposer à son plan de sortie de crise. Le Sommet extraordinaire par visioconférence de l’organisation sous-régionale n’a pas laissé de place aux tâtonnements dans la série de mesures adoptées.
Le plan de sortie de crise prévoit le maintien au pouvoir du Président Keïta, mais prône la rapide mise en place d’un gouvernement d’union nationale auquel participeront des membres de l’opposition et ceux de la société civile, de même que l’organisation d’élections législatives partielles. Le Président IBK est invité à «tout mettre en œuvre pour obtenir cette démission qui ouvrira la voie à des élections partielles». La tenue du scrutin législatif partiel reste motivée par l’autre revendication des contestataires : la démission immédiate des 31 députés dont ils contestent l’élection.
Mahamadou Issoufou, qui est d’avis que le Parlement «avec les 116 députés restants pourra fonctionner» en attendant, fera comprendre que «le Mali a aujourd’hui besoin d’une Assemblée nationale conforme aux résultats des élections législatives, d’un gouvernement d’union nationale, d’une nouvelle Cour constitutionnelle» et «d’une enquête sur les événements des 10, 11 et 12 juillet».
Au terme du Sommet, le président en exercice de la Cedeao a annoncé que la mise en œuvre du régime de sanctions doit être effective avant vendredi prochain.
A propos du gouvernement, le Sommet milite pour que la nomination des ministres régaliens intervienne «avant la formation d’un gouvernement d’union nationale», a également fait savoir Issoufou qui a cité «la Défense, la Justice, les Affaires étrangères, la Sécurité intérieure et les Finances».
La Cedeao recommande aussi une «recomposition rapide de la Cour constitutionnelle», dont les 3 membres choisis par le Parlement seront désignés après la démission des 31 députés contestés. Le Président IBK pourra, en cas de blocage, a encore dit le Président Issoufou, nommer les 9 membres de la Cour.
Le numéro un nigérien a également annoncé que ses pairs appuient «les recommandations de la médiation menée par la Cedeao sous l’égide de l’ancien Président nigérian Goodluck Jonathan qui n’ont jusqu’ici pas obtenu l’aval du mouvement du 5-Juin (M5-Rfp)».
Le Président Mahamadou Issoufou avertira ses homologues : «Le temps presse et les risques sont grands. Nous devons donc sortir de ce sommet extraordinaire avec des solutions durables et des décisions fortes à même de garantir la stabilité du Mali et donc de la région.» Le chef de l’Etat nigérien craint ainsi des répercussions d’une aggravation des tensions dans la capitale malienne dans les pays voisins comme le Niger et le Burkina Faso qui sont aussi la cible des jihadistes «et même au-delà».
Au regard du Président ivoirien Alassane Ouattara, c’est «la crédibilité de la Cedeao» qui «est en jeu dans cette crise». «Nous sommes du côté du Peuple malien, mais nous ne sommes pas du côté du désordre», précise Ouattara.

IBK dénonce «un coup d’Etat rampant»
Lors de sa prise de parole, le Président malien n’a pas été tendre à l’endroit de ses opposants. Il a accusé son principal contestataire, l’imam Mahmoud Dicko, de guider une opposition qui «mène un coup d’Etat rampant» et qui veut remettre en question la laïcité au Mali. «C’est là la rançon de guerre de l’imam Dicko, un crime impardonnable», ajoutera le Président IBK.
Au moment où la fermeté est de mise du côté de la Cedeao, le mouvement M5-Rfp ne baisse pas la garde, puisqu’il compte appeler de nouveau la rue à manifester à partir de lundi prochain, soit quelques jours après la grande fête musulmane de la Tabaski prévue le vendredi 31 juillet.

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