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Le 2e congrès ordinaire du Syndicat autonome de la recherche agricole et agroalimentaire (Saraa), de l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra), a servi de cadre pour dénoncer la faiblesse du budget annuel dudit institut. Dr Tamsir Mbaye, secrétaire général sortant, révèle que «les difficultés que rencontre notre institut sont récurrentes et durent depuis 4 ans». Lesquelles difficultés se traduisent, selon lui, «par des retards dans le paiement des salaires, une faible prise en charge médicale des agents de l’Isra, mais aussi et surtout la suspension de plusieurs acquis sociaux qui avaient été octroyés aux travailleurs de l’institution». Et d’après lui, «tout cela est engendré par la faiblesse du budget de transfert que l’Isra reçoit an­nuellement de l’Etat du Sénégal, à savoir 4,5 milliards francs Cfa depuis près de 15 ans».
Pendant ce temps, s’offusque le syndicaliste, «les besoins augmentent et, ce budget stagnant, il va sans dire que les problèmes vont être de plus en plus cruciaux. Malheureusement, l’Isra ayant une place centrale dans le développement agricole du Sénégal, les chercheurs qui travaillent en amont à la mise en place d’innovations pour les producteurs vont à la longue quitter le navire et aller vers les universités». Dr Mbaye se désole : «C’est une saignée à laquelle nous assistons. Beaucoup de camarades commencent à quitter pour aller voir ailleurs, parce qu’à grade égal, nos collègues universitaires ont des salaires beaucoup plus consistants.» Le syndicaliste d’insister pour déplorer que «le budget ne permet plus de prendre en compte les charges fixes comme les salaires, les factures d’électricité et de téléphone, alors que l’Isra ne fait même pas 100 chercheurs pour couvrir tous les besoins en termes d’innovation du secteur agricole».
C’est d’ailleurs, dit-il, la raison des difficultés notées dans le recrutement des étudiants «que nous formons au Master et au Doctorat, car nous n’avons pas de budget pour assurer notre masse salariale. Comme si en haut lieu les gens ne savent pas le rôle que joue l’Isra dans la chaîne de production agricole. Parce que quand il n’y a pas une recherche performante, on ne peut avoir une production agricole de qualité». Surtout que, note-t-il, «les changements et la variabilité climatiques font qu’il y a un besoin continu de recherches sur des variétés adaptées et un besoin continu d’évaluation des ressources halieutiques». Dans ce chapitre, le chercheur indique que «la pêche a pendant longtemps été une mamelle importante de l’économie sénégalaise et l’Isra a en son sein le Crodt, qui est chargé de l’évaluation de ces recherches. Mais l’institut n’a pas les moyens». Conséquence : «Aujourd’hui, les acteurs de la pêche sont en train de braver les océans à la recherche d’un hypothétique Eldorado, car ce sont ces évaluations qui permettent à l’Etat de mieux négocier ses accords de pêche. Quand on leur dit qu’il n’y a pas assez de ressources, l’Etat ne doit pas en principe signer d’accords.»

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