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Sadikh Niasse, Sg de la Raddho.

Se doter d’une loi d’urgence sanitaire adaptée à une situation comme celle de la crise sanitaire née de la pandémie du Covid-19. C’est ce à quoi la Raddho invite l’Etat. L’Ong trouve anachronique et inadaptée la loi sur l’Etat d’urgence de 1969 que le chef de l’Etat a dépoussiérée au mois mars dernier pour confiner les populations.

La Raddho (Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme) souhaite que l’Etat sénégalais se dote d’une loi sur l’Etat d’urgence. Cette loi aurait davantage aidé les autorités à mieux gérer la pandémie du Covid-19, selon les responsables de la Raddho. Une manière pour la Raddho de juger «inappropriées» les mesures prises contre la pandémie du Covid-19 à travers un rapport sur le bilan de la gestion de la pandémie et sur la protection les droits de l’Homme. «Il faudrait que le Sénégal se dote d’une loi sur l’Etat d’urgence sanitaire et  ne pas recourir à la loi sur l’Etat d’urgence de 69 qui était une loi sur l’Etat d’urgence sécuritaire politique et sociale. Quand il y a Etat d’urgence sanitaire, il faudrait, à l’instar des autres pays comme le Burkina Faso, disposer d’une loi sans pour autant avoir à recourir à des mesures lourdes d’urgence sécuritaire. Comme cela a été le cas», a déclaré Sadikh Niasse, Secrétaire général de la Rencontre africaine des droits de l’Homme, lors du lancement officiel de ce rapport. Et le Secrétaire général de la Raddho de lister ces mesures en soutenant qu’elles vont «de l’Etat d’urgence au couvre-feu, le confinement de certains milieux, certaines institutions, l’Assemblée nationale, de la Justice, des prisons». Avant de mettre l’accent sur «l’impact  de ces mesures sur les groupes vulnérables qui sont les enfants dans la rue, les personnes détenues, les personnes réfugiées et les migrants qui sont au Sénégal, autant de groupes qui ont souffert des mesures qui ont été prises et le confinement de leurs droits et leur liberté».
Faisant l’économie de ce rapport, Sadikh Niasse de dire que des recommandations ont été faites par la Raddho pour «mieux gérer ce type de crise sanitaire». «On s’est posé pas mal de questions sur l’opportunité de décréter l’Etat d’urgence, l’opportunité de confiner certains milieux comme les lieux de culte, l’école, les cours et tribunaux, l’Assemblée nationale. On s’est posé pas mal de questions sur la pertinence de ces mesures si on voit effectivement est-ce qu’il y a dans la prise de ces décisions une balance entre la nécessité, la proportionnalité et la légalité face à l’objectif qu’on s’est fixé», souligne M. Niass. «Ces mesures n’étaient pas adaptées à notre type de société», a indiqué le Secrétaire de la Raddho qui, pour s’en convaincre, souligne en disant : «Vous savez ce qui est arrivé avec le confinement des lieux de culte, il y a eu une sorte de rébellion des populations qui ont forcé l’Etat à revenir sur ces mesures.» «Les populations n’ont pu supporter les effets de ces mesures. Ce qui les a amenées à bouder les mesures, à souvent défier l’autorité», fait remarquer le Sg de la Raddho, qui a fait  des recommandations  en direction de l’Administration pénitentiaire pour que «les moyens soient mobilisés en cas de confinement afin que les gardes pénitentiaires puissent rendre humain ce confinement». «L’Etat pouvait profiter de l’occasion pour régler la situation des enfants dans la rue en mettant à contribution le milieu religieux dans le retrait des enfants et la contribution de la communauté pour être beaucoup plus résilient» si pareille situation se reproduit, à en croire le Sg de la Raddho.

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