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Ils ne se sont pas serrés la main depuis mars 2012. Offi­cielle­ment en tout cas. Wade et Macky l’ont fait hier, lors de l’inauguration de la mosquée Massa­likoul Jinane. Mais grâce au khalife général des Mourides, Serigne Mountakha Mbacké. C’est le chemin vers la réconciliation. Mais il y a encore beaucoup à faire.

Tous étaient partis voir les images de ce joyau Massalikoul Jinane. Tous ont été aussi surpris de voir ces autres belles images : Wade et Macky, main dans la main. Mais c’est moins le fait des deux «ennemis» que la main (in)visible du khalife général des Mourides. Peu avaient cru en cette scène, une mise en scène aussi du point de vue de la communication. Que ce serait dommage de ne pas profiter de cet instant historique et idéal pour rapprocher les deux hommes !
Le khalife général des Mourides qui a présidé la cérémonie avait à sa droite Macky Sall et à sa gauche Abdoulaye Wade. Dans sa déclaration, Serigne Mountakha Mbacké a commencé par formuler des remerciements à l’endroit de tous ceux qui se sont mobilisés pour la réussite de l’événement. Selon lui, l’ancien Président Wade et son successeur Macky Sall représentent à eux deux toute la Nation. L’un, Wade, en tant que père, et l’autre, en tant que fils. Il leur a demandé de rendre grâce à Dieu pour ce qu’Il leur a donné. Et de retenir que tout ce qui leur arrive relève de la seule volonté divine. Avant de les convaincre de se donner la main. Les murmures de Serigne Mountakha Mbacké dans l’oreille de son porte-parole, les tractations menées par Mbackiyou Faye ont fait le reste. Les deux talibés ne peuvent plus décliner ce qui ressemble à un ndigël (consigne).
C’est dire que même les montagnes finissent par se rencontrer… La dernière fois que les deux hommes se sont vus publiquement remonte à la passation de services en mars 2012, au Palais présidentiel. Une autre forte image entre un sortant et un entrant. Une éternité si on sait les relations qui liaient les deux hommes. Et puis suivront l’autre brouille provoquée par l’arrestation de Wade-fils et sa condamnation pour enrichissement illicite. Ou encore l’exil de Karim Wade au Qatar et l’invalidation de sa candidature à la Présidentielle.
Donc, deux mains levées en signe de réconciliation, puis tous les deux dans le véhicule présidentiel. Quoi qu’ils puissent se dire, sans parler de ce qui les oppose – l’affaire Karim – toute conclusion serait hâtive. Wade a besoin d’une amnistie pour son fils qui ne peut pas être candidat à une élection. Et sans doute, entend-il faire valoir son statut de «chef de l’opposition» qu’il pourrait disputer à Idrissa Seck. Mais dans tous les cas, cette inauguration… inaugure aussi des débuts de retrouvailles entre d’anciens «frères» de parti. Pour le reste, let’s wait and see !

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