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La Foire du livre et du matériel didactique de Dakar (Fildak) aura lieu du 21 au 26 novembre 2019 à Thiès et Dakar. En prélude à cet évènement, le ministre de la Culture et de la communication a honoré quelques acteurs qui se sont distingués pour leur engagement dans le domaine de la culture.

C’est par des hommages que le pré-colloque de la Foire du livre et du matériel didactique (Fildak) a été lancé par le ministère de la Culture ce jeudi. Militants de la culture et de l’expression culturelle, Dieynaba Sarr, Fatou Kiné Sène, Maguèye Touré, Dominique Hado Zidouemba et Mourtada Diop ont reçu les honneurs pour leur engagement dans le domaine. Saluée et honorée par le ministre de la Culture et de la communication Abdoulaye Diop, chacune de ces personnes a présenté son parcours et surtout son lien avec les arts et la culture dans une petite vidéo de présentation.

Fatou Kiné Sène, journaliste, présidente de la Facc
Journaliste pendant plus de dix ans à Walfadjri, puis à l’Agence de presse sénégalaise (Aps), Fatou Kiné Sène est la présidente de la Fédération africaine des critiques de cinéma (Facc). Le virus de la littérature et de la critique cinématographique, Fatou Kiné l’attrape à l’Immaculée conception de Dakar où elle a fait ses humanités. «Chaque semaine, on nous imposait de lire un livre, roman ou poème, et on en discutait. Et chaque mercredi, on avait un cinéclub. C’est là que j’ai vu pour la première fois le film de Euzhan Palcy, Rue Case nègre. Après la projection, il y avait des discussions et c’est de là qu’est née ma passion pour la critique cinématographique.» Membre de la Facc depuis 2007, Fatou Kiné est une militante de la diffusion des films africains. «J’ai été séduite par cette mission de la Facc qui disait qu’on ne parlait pas assez de nos cinématographies et c’était vrai», explique-t-elle. Depuis, Fatou Kiné Sène n’a cessé de militer pour cette cause. De festival en festival, elle met en lumière les créations du continent. Au sortir de la cérémonie, elle a dédié cette distinction à toute la presse culturelle du pays.

Dieynaba Sarr, professeur de lettres au Lycée de Thiaroye
Dieynaba Sarr est professeur de lettres au Lycée de Thiaroye. Présidente du Réseau des clubs de littérature, art et philosophie, Mme Sarr est une amoureuse des lettres. Un amour qu’elle traîne depuis le bas âge, quand elle fouinait dans les livres de sa maman. «Le premier livre que j’ai lu, De Tilène au Plateau, appartenait à ma mère», explique-t-elle. Dans sa famille, ce n’est pas seulement maman qui insuffle l’amour des lettres. Le père aussi n’est pas en reste. «Mon père ne se couchait jamais sans nous lire un conte. Il le lisait en français et le traduisait en wolof», raconte la lauréate. Cet amour des lettres l’a poussée à se tourner vers des études littéraires. Aujourd’hui, elle encadre les jeunes lycéens de Thiaroye. La plupart de ses élèves viennent de quartiers populaires mais, selon Dieynaba Sarr, «ce n’est pas une raison pour les priver de lecture». Le club de lecture, les ateliers d’écriture et de théâtre sont autant de cadres d’apprentissage et de formation pour ces jeunes qui, périodiquement, se retrouvent pour discuter des livres qu’ils ont lus. De même, avec les moyens du bord, la formatrice arrivait à convoyer ses élèves jusqu’au centre culturel Blaise Senghor pour qu’ils y rencontrent des écrivains. Ces sorties pédagogiques sont le catalyseur de l’intérêt que les jeunes lycéens portent à la littérature.

Maguèye Touré, directeur de la Francophonie du ministère des Affaires étrangères
Bien connu quand on évoque les questions liées à la Francophonie, Maguèye Touré a également reçu les honneurs pour son engagement en faveur des lettres. Natif de Saint-Louis, le directeur de la Francophonie du ministère des Affaires étrangères est très tôt fasciné par la littérature. Mais il commence d’abord par se passionner pour les journaux avant de se tourner vers les bandes dessinées. La découverte des classiques de la littérature africaine, particulièrement les œuvres de Amadou Hampathé Ba, vont le conforter dans cette passion. Celui qui ne se considère pas comme un écrivain est tout de même l’auteur d’un essai. Son conseil aux jeunes : lire et approfondir. «Cheikh Anta Diop disait : Armez-vous de savoir jusqu’aux dents. Et le savoir ne peut pas s’acquérir pas dans la facilité», dit-il.

Dominique Hado Zidouemba et Mourtada Diop
Dominique Hado Zidouemba et Mourtada Diop viennent compléter le tableau. Si le premier est un professionnel reconnu dans le domaine de l’Edition, le deuxième est un puriste de la langue wolof. «La lecture doit faire partie de notre quotidien», prône le chercheur à l’Ifan. Cet ancrage, estime le vieux Mourtada Diop, il faut aussi le penser en langues locales, surtout dans les écoles. Formateur au daara Ahmadou Sakhir Lô de Boune, Mourtada Diop est l’auteur de trois publications qui sont la synthèse de ses expériences durant le périple qui l’a mené à pied de Dakar en Casamance en 1975. Aujourd’hui, l’enseignant se désole de la déliquescence de la langue, surtout du fait des médias. «Ceux qui parlent dans les médias, tout le monde les écoute et ils déforment le langage. Ils doivent être les premiers à apprendre la langue et à la respecter», lance le patriarche.

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