PARTAGER

Quelle vie après l’engagement syndical ? La question a été posée à certains anciens secrétaires généraux de syndicat. Si pour certains l’expérience syndicale a permis de migrer vers d’autres secteurs d’activités professionnelles, ce n’est pas le cas pour d’autres qui ont trouvé leur point de chute dans le monde politique qu’ils considèrent comme une continuité de leur engagement dans une sphère beaucoup plus large.

Le renouvellement dans les organisations syndicales est une chose rare au Sénégal. Les dirigeants syndicaux se pérennisent d’habitude à la tête de ces structures. S’il arrive que des dirigeants syndicaux quittent ces structures qu’ils ont dirigées pendant des années, quel sera leur point de chute ? La question a été posée à certains anciens secrétaires généraux de syndicat. Pour eux, ils existent bien une vie après le mouvement syndical. Mamadou Lamine Dianté, ancien secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire (Saemss) qui a consacré 11 ans au mouvement syndical, dit avoir durant toute cette période gardé à l’esprit qu’il est enseignant. Par conséquent, il a toujours pensé à sa reconversion en faisant des formations pouvant lui permettre aujourd’hui de donner des cours en développement personnel et d’intervenir dans l’enseignement en leadership. Pour M. Dianté, l’engagement ne finit jamais, mais il faut toujours se préparer «à la fin de ses mandats». «Tout en m’occupant, j’avais en perspective la fin de mes mandats. Et par conséquent, j’ai réfléchi à ma reconversion ; donc il fallait changer de perspective», a-t-il fait savoir. Soulignant que l’engagement syndical a été pour lui un sacerdoce, l’ancien secrétaire général du Saemss se réjouit de l’expérience acquise sur le plan humain avec le développement des relations professionnelles et humaines. Aujourd’hui en dehors des cours qu’il dispense, M. Dianté dit réfléchir «sur d’autres aspirations dans d’autres champs».
Si M. Dianté s’est un peu détaché du mouvement syndical, ce n’est pas le cas de Seydi Ababacar Ndiaye, ancien secrétaire général du Saes. Ce dernier qui capitalise 20 ans d’expérience syndicale est toujours dans le secteur avec l’Unsas (Union nationale des syndicats autonomes du Sénégal), dirigée par Mademba Sock. L’ancien secrétaire général du Saes dit s’occuper au niveau de cette organisation de tout ce «qui est relation internationale de la centrale». «Je suis sur le terrain, je rencontre des gens. Je suis moins actif, comparé au Saes où je ne rentrais pas avant 21h chez moi. Dans cette affaire, on a des missions à accomplir et on essaye de se projeter», a-t-il dit. A côté de cette activité, M. Ndiaye s’est ouvert d’autres perspectives. Il compte sur son expérience syndicale pour investir le champ politique. Pour lui, la raison est simple : «On a eu deux alternances, mais les citoyens votaient contre des régimes. Ce fut le cas avec Diouf et Wade et ça risque d’être le cas avec Macky  Sall.» L’ancien secrétaire général du Saes qui a des ambitions présidentielles pour 2019 se met déjà dans les habits d’un politicien. «On a eu des alternances, mais pas d’alternatives ; donc nous on propose une trajectoire qui n’a rien à voir avec celle des politiciens. Au niveau du syndicat, on est arrivé à réaliser certaines choses, les populations m’identifient toujours avec la casquette du Saes. C’est une expérience qu’il ne faut pas gaspiller et partir de là pour proposer autre chose, montrer autre chose, servir mon pays. Les événements me montrent que je dois aller loin et plus vite, relever le défi», a-t-il fait savoir. Se projetant sur l’avenir, M. Ndiaye se fixe comme ambition de relever le grand défi «de travailler pour les générations futures, pour la construction de la République». Ainsi, il soutient que «2019 c’est irréversible», il sera au rendez-vous. «Je me suis rendu compte que c’est l’heure de me rendre à ce rendez-vous. Je crois avoir acquis le maximum d’expériences pour sauver les générations futures. Je connais le milieu éducatif, la santé et je pense que ce sont les deux éléments fondamentaux sur lesquels on droit travailler et s’appuyer», a-t-il ajouté. Le syndicaliste qui pense être bien outillé compte travailler avec les bonnes volontés, pourvu qu’elles soient sénégalaises pour «apporter des corrections et ne pas répéter les choses qui ne marchent pas».

Une deuxième vie active
Un syndicaliste qui se retrouve aujourd’hui dans le monde politique, c’est Mbaye Fall Lèye. L’ancien secrétaire général du Saemss est même beaucoup plus présent dans l’action politique que syndicale. Même s’il se considère toujours comme syndicaliste, M. Lèye soutient qu’il n’est plus actif comme il l’était au début des années 2000, en tant que président d’honneur du Saemss, il est consulté. Selon lui, étant toujours intéressé par la politique, c’est naturellement que la reconversion vers cette activité s’est faite. «J’étais dans la politique, mais quand je suis devenu secrétaire général, j’ai dû mettre un terme à ces activités parce qu’elles sont incompatibles. Donc quand j’ai passé la main, j’ai changé de champ d’actions en s’impliquant dans un parti.» Pour lui, son engagement en politique n’est pas fortuit. A en croire Mbaye Faye Lèye, c’est la continuité d’une action parce qu’on est dans la même dynamique. «Dans le syndicalisme, on défend une corporation. En politique, il y a un élargissement du champ d’actions. Nous nous sommes engagés pour l’intérêt général, le devenir national. Nous avons un rôle à jouer et une mission à accomplir pour notre pays», a-t-il fait savoir.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here