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Dans la commune de Yène où l’activité économique est principalement liée à la mer et à la transformation de ses produits, une centaine de femmes ont tourné le dos au grand bleu pour se consacrer à l’agriculture biologique. Bénéficiant de l’accompagnement d’une association, elles sont en train de dessiner leur autonomie par le travail de la terre dans un verger situé à Toubab Dialao.
«En 2018 nous avions produit 1,6 tonne. Une partie était destinée à la consommation et une autre vendue. Nous offrons des produits bio et nous nous en sortons très bien depuis le commencement. Nous avons mis en place avec les partenaires, le marché bio de Dialao qui est désormais très couru par les consommateurs», a expliqué mardi Adji Fatim Dramé, présidente des femmes. Tout ce à quoi elle s’attend, c’est un appui de l’Etat pour faire prospérer davantage leur activité.
«Il s’agit de 103 femmes regroupées en 4 groupements et qui disposent de 8000 m2 de terre, de l’eau pour l’irrigation, des semences que nous récoltons, sélectionnons et conservons dans notre banque de semences communautaire. Elles bénéficient aussi de l’expertise de nos fermiers et du soutien de nos partenaires», a indiqué Patricia Abète, présidente de l’association les 4 chemins. «Ce que nous faisons c’est une agriculture sans pesticides, sans engrais chimiques et qui valorise le processus naturel.  Une agriculture durable et économiquement performante», a poursuivi la présidente ayant mis à disposition pour ce projet un verger qui lui appartient. «L’ambition est d’étendre les parcelles cultivables pour accueillir encore plus de femmes», a-t-elle dit à l’occasion de la visite des lieux du ministre de la Microfinance et de l’économie sociale et solidaire.
«Nous avons pu voir que les femmes composent elles-mêmes leur composte, sans pesticide et en plus il y a de l’économie solidaire et circulaire autour. Avec la production, on voit qu’il y a une certaine autonomisation et c’est un modèle de l’économie sociale et solidaire réussie», a soutenu Zahra Iyane Thiam. «On a vu que la banque de semences. Depuis des années elle crée un capital semencier issu des meilleures semences de leurs produits ; ça aussi, ce sont des initiatives à encourager pour d’abord augmenter la production, mais aller vers de nouveaux marchés», a-t-elle aussi noté. Enchantée par ce projet, la ministre a promis un accompagnement, notamment à travers la plateforme d’appui au secteur privé et de valorisation de la diaspora sénégalaise en Italie (Plasepli). «Nous pourrons consentir des investissements à hauteur de 200 millions pour les accompagner pour une plus grande autonomisation et pour renforcer l’activité de production au niveau de leurs activités agricoles», a annoncé le ministre, tout en assurant vouloir faire reproduire le projet ailleurs. «C’est un modèle de l’économie sociale et solidaire réussie que nous allons accompagner avec un investissement en matériel et en fonds de roulement puisqu’il y a des besoins autour d’une unité de transformation (…)  Nous allons en faire un exemple à dupliquer», a fait savoir Zahra Iyane Thiam.

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