PARTAGER

Ça était un dimanche noir avec 113 cas communautaires recensés dans plus de 10 régions. Ce record de personnes touchées via cette transmission montre une nouvelle fois la gravité de la situation qui risque d’échapper à tout contrôle si la chaîne de contamination n’est pas rompue dans les prochaines semaines.

C’est une situation alarmante, mais elle était prévisible à cause des déplacements de milliers de Sénégalais qui ont pris les routes pour aller fêter la Tabaski en famille. Hier, on a atteint un record de cas communautaires recensés quasiment dans toutes les régions, avec 113 personnes touchées. Et pour la première fois, ils ont dépassé les contacts qui sont juste au nombre de 59. En regardant la cartographie des cas, les régions de Thiès, Saint-Louis, Kolda, Kédougou, Kao­lack, Kaffrine, Louga, Dakar, Diourbel, Fatick et Ziguinchor ont été frappés par cette transmission qui devient chaque jour plus fulgurante. Si Dakar, Thiès et Ziguinchor se révèlent être les points chauds de cette pandémie dans le pays avec leurs nombres fréquents et conséquents de cas communautaires, il faut remarquer que des zones qui étaient vertes ou des districts épargnés ont été touchés, à l’image de Louga et Podor.
Bien sûr, le ministère de la Santé n’a pas fait un lien avec les déplacements inter-régionaux. Mais les conditions de voyage non contrôlées depuis la levée des mesures restrictives, additionnées au relâchement sont en train de faire glisser le pays dans une situation très tendue. Il faut savoir que le ministère de la Santé et de l’action sociale a effectué 1 656 tests dont 172 cas sont revenus positifs, soit un taux de positivité de 10,39%. Selon le directeur de la Pré­vention, 23 personnes ont guéri de la maladie. En outre, M. Mamadou Ndiaye a annoncé le décès de 3 malades alors que 43 cas graves sont pris en charge dans les services de réanimation.
Cette persistance des cas graves constitue l’autre unité de mesure sur la gravité de la situation qui impose aux dirigeants du monde la réinstauration de mesures restrictives pour couper la chaîne de transmission. En tout cas, Pr Moussa Seydi, directeur du Service des maladies infectieuses et tropicales de Fann, a une autre lecture sur la gestion de ces cas : «Ce n’est pas parce qu’on a une comorbidité qu’on est condamné à mourir. Ce n’est pas du tout vrai. Au minimum 50% des patients, quelle que soit la gravité de la maladie, ressortent vivants de ces services. Et ça, ce n’est pas étonnant. Cela dépend de la gravité des malades reçus.» Interrogé par Sud Fm hier, il dresse le profil des sujets qui ont perdu la vie à cause du Covid-19 : «Ce sont des personnes âgées, largement au-delà de la soixantaine. Deuxiè­mement, ce sont des personnes qui ont en général deux comorbidités, le diabète et l’hypertension. Ce sont des personnes qui ont consulté tardivement.» Il ajoute : «Dans le cadre de l’étude que nous sommes en train de faire, nous avons constaté que parmi nos décédés, 85% sont arrivés à un stade tardif. Deux tiers des patients décédés avaient au moins deux comorbidités. Et parmi ces patients décédés, 80% étaient âgés de plus de 60 ans. Mais le facteur clé, le plus important en vérité, est le retard de consultation. Un patient qui a un ou deux comorbidités, qui arrive à temps, on le traite sans problème. S’il n’y avait pas la stigmatisation, vous auriez vu des personnes de 80 ans guérir parmi nos premiers patients qui avaient plus de 80 ans. Donc le retard de consultation pose énormément problème. Il faudrait de plus en plus qu’on vienne tôt. Et ça c’est ce qu’il faut retenir. Je ne veux pas que les gens croient que parce qu’on a une comorbidité on est condamné à mourir quand on a le Covid-19. Non, ce n’est pas du tout vrai.»
Depuis le début de cette pandémie, le Sénégal a recensé 11 mille 175 cas positifs au coronavirus dont 7 352 cas guéris, 232 décédés et 3 590 malades sous traitement.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here