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L’Etat du Sénégal a perdu pour la deuxième fois devant Karim Wade à Monaco. La justice monégasque n’a pas jugé nécessaire d’exécuter la demande de remboursement des dommages et intérêts dus par Karim Wade et Bibo Bourgi.

Karim Wade a été jugé et condamné à une peine de six ans de prison ferme et à payer 138 milliards de francs Cfa d’amende pour enrichissement illicite. Ce qui avait motivé l’invalidation de sa candidature à la Présidentielle du 24 février 2019 par le Conseil constitutionnel. Mais l’ancien ministre tient là un lot de consolation avec les nouvelles venant de Monaco. En effet, dans la rubrique «Confidentiel» de sa dernière édition, Jeune Afrique révèle que «le 20 février dernier, le Tribunal de première instance de Monaco a débouté l’Etat du Sénégal de sa demande d’exequatur liée à l’arrêt qu’avait rendu la Cour de pression de l’enrichissement illicite (Crei) à Dakar, en 2015». Il s’agissait de réclamer le remboursement des dommages et intérêts dus par Karim Wade et Bibo Bourgi. C’est qu’en octobre 2015, l’Etat avait introduit une demande de saisie de ces comptes de Wade-fils auprès de la justice monégasque. «Mais étrangement, rappelait Jeune Afrique à l’époque, la lettre n’a été reçue côté monégasque que le 5 janvier 2017.»
Et c’est donc la deuxième fois que Dakar est déboutée sur le Rocher. Puisque dans son jugement rendu le 10 juillet 2018, la justice monégasque avait rejeté la requête de l’Etat du Sénégal qui réclamait la confiscation de 24 comptes bancaires dans la banque Julius Baer. Des comptes qui affichaient «un solde de quelque 11 millions d’euros, ces comptes ont pour bénéficiaires Karim Wade (un seul compte d’un montant de deux millions d’euros), et le trio Karim Aboukhalil, Bibo Bourgi, et Pape Mamadou Pouye», soulignait l’hebdomadaire panafricain. Les juges estimaient lors du premier jugement de 2018 que «les faits d’enrichissement illicite et de complicité d’enrichissement illicite ne sont constitutifs d’aucune infraction assimilable prévue dans la législation monégasque, de sorte qu’il convient de rejeter les demandes de confiscation formulées par les autorités sénégalaises».
Aujourd’hui, même si cette victoire de Karim Wade, exilé à Doha depuis sa grâce, ne peut pas évidemment remettre en cause la décision de la Crei, c’est tout de même un bon point dans l’opinion.

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