PARTAGER

Depuis quelque temps, nous assistons avec impuissance à une recrudescence inouïe de la violence au Sénégal, pays paradoxalement qu’on a toujours vanté les mérites sur le plan de la paix (Sénégal, rewoum jamm la !).
Et pourtant, notre société s’est souvent aventurée dans la violence sans s’en rendre compte. Cette violence se manifeste par nos paroles, nos actes, nos révoltes ou encore nos pensées. Dès que l’on cherche à la contenir ou à la canaliser, elle resurgit ailleurs sous une autre forme. Aujourd’hui, elle est omniprésente : il suffit d’ouvrir le journal, l’internet, la radio ou la télévision pour le constater. Dans la rue, au travail, au sein de la famille, nous pouvons tous subir l’agressivité des autres, quand elle ne vient pas de nous-mêmes.
Ainsi, nous tenterons de la cerner en prenant comme exemples les deux cas de violences suivies de meurtres les plus récents et médiatisés :
Le meurtre du taximan Ibrahima Samb, survenu le 27 octobre passé ;
L’indiscipline doublée d’une inconscience caractérisée dans la circulation en est probablement la cause. Les ceintures de sécurité sont devenues de simples accessoires pour le décor, personne ne veut céder le passage à l’autre, chacun a sa route et son code pour emprunter le chemin de l’anarchie par le respect du «code de Ma route» en lieu et place du «code de La route» devant tous nous régir. Alors que la violence exacerbée engendre de la brutalité entre les êtres humains, allant parfois même jusqu’au meurtre ;
Le meurtre de la vice-présidente du Cese, survenu le 19 novembre courant ;
La peur de l’échec dans une société matérialisée, reliée à l’instinct de survie et au besoin de se vêtir, de manger, d’avoir un toit et une vie de famille stable, etc. peut conduire à l’accumulation des biens de façon violente par le vol, la fraude ou l’extorsion. La personne violente dans ce cas de figure se croit légitimée, pour sa survivance, de faire porter aux autres le poids de son sentiment d’incompétence à répondre à sa propre survie. C’est une pauvre estime d’elle-même qui le conduit à cela. Dans une société de consommation comme la nôtre, elle se complique avec les besoins d’être reconnue en exposant les biens qu’elle peut accumuler. Ce qui peut pervertir les mentalités allant même jusqu’à se dire que «Xaliss ken douko liguey, daniou kaay lidianti».
Et maintenant, comme nous avons toujours l’habitude de jouer «le médecin après la mort», le débat sur la peine de mort est subitement soulevé pour essayer de tempérer les ardeurs.
Ainsi, n’arrive-t-il pas le moment de se poser la vraie question, à savoir qui en est réellement le responsable ?
Moi, je dirais plutôt la société sénégalaise dans son intégralité pour n’avoir pas su sérieusement insister sur les notions de respect des règles de vie sociale, de discipline, de participation, de solidarité et de responsabilité à travers une bonne éducation inclusive sur les lois et les règles qui fondent une société.
«L’ordre et la règle, une fois établis et reconnus, sont la plus forte des puissances» – Joseph Joubert.

Elhadji Daniel SO – Homme politique

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here