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La découverte hier du corps sans vie de la jeune domestique Ndioba Seck à Pikine illustre à quel point la série macabre se poursuit au Sénégal, du fait de la recrudescence des meurtres. Ces derniers temps, des cas de meurtre sont souvent étalés dans la presse. Après le meurtre de la sage-femme Rokhaya Guèye, bastonnée à mort par un kankourang à Sédhiou, il s’en est suivi la semaine dernière celui du jeune Américain Mohamed Kabir Cissé, victime d’une agression perpétrée par une bande de malfaiteurs dans la cité religieuse de Médina Baye, à Kaolack.

Les faits sont horribles. Hier, une jeune fille du nom de Ndioba Seck, âgée d’une vingtaine d’années, a été retrouvée morte vers les locaux de la Sips sur la route nationale n° 1. La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. Les populations environnantes, au courant du drame, ont pris d’assaut les lieux du crime. D’après les informations recueillies sur place, la dame était une domestique et habitait vers Thiaroye-Sur-Mer.
Imam Oustaz Mbaye Diouf, témoin oculaire, renseigne : «Lorsqu’on l’a retrouvée tôt ce matin (hier), il faisait un peu sombre. Je me suis dit qu’elle n’habitait pas la localité. Par la suite, nous avons appelé la police et les sapeurs-pompiers ainsi que les autorités de la localité. La fille avait 25 ans environ. Elle était couchée dans une mare de sang, ses habits imbibés de sang.»
Malgré le dispositif sécuritaire mis en place par les éléments de la police, «l’insécurité s’impose en grand maître». «Cette zone des usines de pêche, située vers Thiaroye-Sur-Mer, est la niche des grands délinquants.»
Ce drame cache beaucoup de zones d’ombre. La jeune fille, poignardée, n’a pas été dépouillée de ses biens. D’après les renseignements, elle avait par-devers elle son téléphone portable, un billet de 10 mille francs, et quelques affaires. Mieux, des sources renseignent que le corps a été déplacé des lieux du crime. La police a procédé à des prélèvements et une enquête est ouverte pour élucider ce crime crapuleux.
Imam Oustaz Mbaye Diouf de faire savoir : «La police et la gendarmerie doivent procéder à des opérations de sécurisation pour la protection des personnes et de leurs biens. Et j’interpelle l’Etat du Sénégal, particulièrement le chef de l’Etat. Il faut que ces criminels paient de leur acte. Celui qui s’aventure à tuer, on doit le tuer comme le recommande la charia. Mais c’est au Sénégal où on voit une personne tuer, et un an après recouvre la liberté. C’est grave, il faut alourdir la peine pour mettre fin à ces genres de tueries.»

Une maman meurtrie qui se souvient des derniers échanges avec sa fille
«Quelqu’un l’a appelée. Elle est sortie vers 20h. C’était dimanche dernier et je ne sais pas qui l’a appelée. Elle travaillait quelque part comme cuisinière et elle descendait vers 14h. Elle n’a pas d’époux, mais a un enfant. Quand elle était partie, je suis restée jusqu’au matin (hier) sans avoir de ses nouvelles. C’est par la suite que j’ai appris sa mort à travers les cris du voisinage», renseigne la maman de la victime.
Dans ce quartier de la banlieue dakaroise, la maison de la défunte est prise d’assaut par les voisins venus de différents quartiers. Le visage attristé, chacun essaie de décortiquer le drame. «Nous avons tous peur et nous voulons que justice soit faite», soutiennent certains d’entre eux.
Le meurtre de la jeune femme Ndioba Seck vient allonger la liste de personnes tuées ces derniers mois, à cause de la recrudescence de l’insécurité. Il survient après ceux de la sage-femme Rokhaya Guèye en septembre dernier, à Sédhiou, et du jeune talibé américain niassène la semaine dernière à la cité religieuse de Médina Baye.

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