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La récurrence des morts dans les prison irrite l’Association pour le soutien et la réinsertion sociale des détenus (Asred), qui déplore les conditions de détention des prisonniers. L’Asred fait état de la situation du détenu dénommé Bira qui aurait perdu le vie et dont le cas nécessite une évacuation à l’étranger.

L’Association pour le soutien et la réinsertion sociale des détenus (Asred) s’indigne de l’attitude de l’Administration pénitentiaire suite au décès du détenu Amath Ba. L’Asred, qui parle de «mauvaise foi manifeste», dé­plo­re la réaction tardive de l’Admi­nistration pénitentiaire et du ministère de la Justice qui, selon elle, dénote d’une volonté malsaine de circonvenir l’opinion. L’organisation qui soutient les détenus demande au procureur de la République de transférer l’affaire Amath Ba en instruction.
Pour l’Asred, la question de la prise en charge sanitaire des détenus nécessite une connaissance de leur état de santé dès leur entrée en prison puisque, relève-t-elle, «38% des détenus souffrent de maladies chroniques qui nécessitent un traitement sérieux». L’association donne l’exemple du détenu Saliou Guèye qui est en train de perdre la vue à la prison du Camp pénal de Liberté 6.
L’Asred dénonce la situation des établissements pénitentiaires du Sénégal, en état de dégradation avancée qui, selon elle, ne sont point favorables à l’existence de bonnes conditions sanitaires.
Dans un communiqué, elle apporte son soutien à la famille du défunt et tient à rappeler à l’opinion nationale et internationale qu’un détenu asthmatique, répondant du nom de Yandé Diop, incarcéré à la chambre 16 de la prison de Rebeuss, est décédé par négligence en 2015 dans les mêmes conditions que Amath Ba. Ce ne sont pas les seuls à perdre la vie dans la prison de Rebeuss. L’Asred cite le cas du vieux Diambé Diop, âgé de 68 ans, incarcéré à la chambre 1, «lui aussi est décédé en 2014 par suffocation du fait de la surpopulation carcérale. Nabi Rassol, le jeune Maleyni Sané, Ibrahima Mbow, tous sont passés de vie à trépas dans la prison de Rebeuss». Pis, dénonce l’Association, «tous ces actes de barbarie sont restés impunis».
Sur une autre affaire, l’Asred informe qu’elle a retrouvé le détenu dénommé Bira, resté introuvable depuis les incidents de la dernière mutinerie de Rebeuss. «Il est au pavillon spécial de l’hôpital Le Dantec. Il a perdu la vue du fait d’un défaut de prise en charge. Son cas nécessite une évacuation à l’étranger», lit-on dans le document. Les détenus révoltés avaient décidé d’entamer une grève de la faim aujourd’hui, mais de l’avis de l’Asred, ils ont décidé de surseoir à cette diète après leur rencontre avec les autorités de l’Administration pénitentiaire, en l’occurrence le régisseur de la prison.
Afin d’en finir avec l’impunité, l’Asred propose à ce que le procureur de la République soit le patron de la justice à la suite d’une élection organisée par ses compères et que le président de la République ne soit plus à la tête du Conseil supérieur de la magistrature. Cela, estime le président de l’Asred Ibrahima Sall, pourrait garantir une séparation effective des pouvoirs et de rompre une bonne fois pour toutes le lien de subordination qui existe entre le Parquet et la Chan­celle­rie.
ndieng@lequotidien.sn

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