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D’après les estimations de l’Unité de coordination et de gestion des déchets solides (Ucg), la quantité annuelle de déchets produits dans l’agglomération urbaine de Dakar est de 893 159 tonnes : «La vente de matériaux récupérés procure un revenu mensuel inférieur à 50 000 franc Cfa à plus du tiers des récupérateurs. Plus d’une femme récupératrice sur deux appartient à la catégorie des faibles revenus, soit 60% en saison sèche et 54% en saison des pluies. Seuls 20% des femmes disposent d’un revenu supérieur à 100 000 francs Cfa alors que ce pourcentage est de 25% chez les hommes. Seuls 16,6% en saison sèche et 11% en période d’hivernage chez les hommes, 3, 23% chez les femmes lors de la saison des pluies gagnent un revenu supérieur ou égal à 200 000 francs.» Ces chiffres sont les résultats d’une étude menée en octobre 2018 sur les récupérateurs de la décharge de Mbeubeuss réalisée par l’organisme de charité, Wiego, dans le cadre du projet intitulé «réduction des déchets dans les villes côtières grâce au recyclage inclusif». Elle a été faite par le laboratoire de géographie humaine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).
Par ailleurs, l’enquête montre que les travailleurs sont exposés à des maladies telles que les infections respiratoires aiguës à savoir l’asthme, la tuberculose, la toux, mais aussi la dermatose. Parce qu’ils sont en contact permanent avec des substances dangereuses comme le goudron, l’acide, les déchets médicaux, liquides, le plomb, la poussière, la fumée et les odeurs. Et hier, un atelier d’orientation pour la mise en œuvre d’une initiative-pilote pour la promotion de coopératives de récupérateurs et récupératrices à Mbeubeuss a réuni les différents acteurs du secteur. Ainsi pour Moustapha Kamal Guèye, coordonnateur du programme des emplois verts au Bureau international du travail (Bit), «c’est une activité qui vise à travailler avec les acteurs, les récupérateurs et les récupératrices de la décharge de Mbeubeuss avec un effort de promouvoir une meilleure structuration de ce segment de collecte et de recyclage des déchets en vue d’arriver à des emplois qui soient beaucoup plus décents, qui permettent aux travailleurs et travailleuses de gagner un revenu décent, d’avoir tous les droits fondamentaux au travail, la protection sociale et de participer au dialogue social. Donc c’est un partenariat que nous pensons pourra nous permettre d’aller sur une approche-pilote de structuration en coopérative comme ça se fait dans d’autres pays en Argentine et ailleurs et d’arriver à tirer le maximum de potentiel d’emplois décents dans ce secteur de recyclage, de gestion de déchets». En effet, le Bit est l’un des partenaires de l’organisme de charité, Wiego. Selon El Hadji Malick Diallo, président des récupérateurs et récupératrices regroupés au sein de «Bokk jom», cela va constituer le point de départ d’une organisation en leur sein. D’ailleurs, ils s’engagent à sensibiliser et former les populations sur les dangers liés aux déchets plastiques sur les écosystèmes et accompagner l’Etat dans la campagne «zéro déchet» au Sénégal.

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