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Dans son intention de réduire la facture laitière qui est en moyenne de 60 milliards de francs Cfa par an, le Sénégal vient de recevoir 1 077 vaches laitières d’une capacité de 25 litres par tête. Achetées à Delta groupe, une filiale française de 15 coopératives, ces génisses gestantes à haut potentiel laitier sont composées de 229 holsteins, 375 vaches montbéliardes, 374 normandes et 91 brunes des Alpes et 8 tourteaux géniteurs. Elles vont créer 2 500 emplois dans 5 ans en plus de contribuer à hauteur de 14 milliards chaque année à réduire la facture laitière, d’après les explications de Mamadou Ba, président de l’Association nationale pour l’intensification de la production laitière (Anipl). Qui a reçu 700 millions de subvention, soit 45% du prix total, selon Aminata Mbengue Ndiaye, ministre de l’Elevage et des productions animales. «Nous avons l’habitude de commander chaque année une centaine de têtes de la France et du Brésil. Nous nous sommes dit, avec des ressources fédérées entre le public et le privé, nous pouvons faire plus. C’est la raison pour laquelle nous avons une économie d’échelle à travers la réception de mille vaches laitières», a dit Aminata Mbengue Ndiaye. Bien que ce partenariat public-privé soit «magnifié» par Mamadou Ba, le président de Anipl demeure convaincu que «l’accès à la terre, l’application du tarif préférentiel de l’électricité aux fermiers et la suppression de la Tva sur les produits laitiers» vont permettre de maximiser les retombées dans le secteur.
Pour le ministre en charge du suivi du Plan Sénégal émergent (Pse), c’est un pas important vers l’autosuffisance en lait. Abdoul Aziz Tall informe que «les besoins en viande et en lait vont s’accroître. Ils vont doubler d’ici 2050. Et cela nous pousse à revoir notre façon d’élever», dit-il, pour expliquer l’importance de cette opération, première du genre en Afrique de l’Ouest.
S’il est clair que la production laitière de ces vaches est importante, leur opérationnalité n’est pas pour demain, car elles vont être mises en quarantaine dans 4 centres, répartis dans les régions de Thiès et de Dakar, pour les besoins d’une série de tests.

mgaye@lequotidien.sn