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La réhabilitation du stade Léopold Senghor avait été annoncée en novembre 2018, donc bien avant l’arrivée du coronavirus. Aujourd’hui, comme par hasard, le prétexte de cette pandémie est brandi pour expliquer le retard des travaux de ce «temple» du football sénégalais complètement à l’agonie.

Nos confrères de wiwsport.com, camé­­­­­­­­­ra en main, ont fait un tour au stade Léopold Senghor. Au vu des images, le décor est insoutenable, du dehors comme à l’intérieur, où l’insalubrité et l’inondation sont de mise. Une situation pas du tout surprenante pour le plus grand stade du pays où tout est à refaire. De la pelouse aux projecteurs, en passant par les vestiaires, la toiture et les tribunes, entre autres chantiers.
Interpellé par nos confrères, le directeur des Infrastructures au ministère des Sports, Cheikh Tidiane Sarr, prend prétexte de la pandémie. Selon lui, la raison du retard dans la rénovation du stade Léopold Senghor est due aux partenaires chinois qui devaient faire le déplacement pour entamer les travaux, mais qui sont bloqués chez eux par le Covid-19.
Il est vrai que la pandémie a bon dos. Mais il faut aussi noter que cela fait maintenant près de deux ans que le stade Senghor est fermé. Depuis rien n’a bougé à part des promesses venant des autorités sportives, mais toujours pas respectées.
Pourtant, au moment de la fermeture du stade, on était loin du coronavirus qui s’est installé à Dakar en mars dernier. Pourquoi les travaux n’ont pas débuté entre temps ; surtout au moment où les Chinois étaient présents à Dakar et souvent en visite de chantier au stade ? Y a-t-il eu des blocages dans les termes du partenariat ? Ce sont les grandes questions qui rebondissent sur le gazon.

La Convention avec la Chine signée depuis novembre 2018
On imagine du coup les conséquences pour une infrastructure aussi grande comme le stade Senghor, restée fermée pendant de longs mois avant d’être «achevée» par les Navétanes et la lutte.
Et du coup, les premiers impactés directement sont évidemment les employés. En effet, Le Quotidien a appris que les membres du personnel sont restés trois mois sans salaires. Avant d’être envoyés tous en chômage technique (c’est à la mode) ; avec le même prétexte : la pandémie. Pire, l’eau est coupée depuis, nous souffle-t-on.
Pour rappel, l’Etat du Sénégal et celui de la Chine ont signé depuis novembre 2018, une Convention pour la réhabilitation du stade Léopold Sédar Senghor, mais aussi de trois stades régionaux : Ely Manel Fall de Diourbel, Aline Sitoé Diatta de Ziguinchor et Lamine Guèye de Kaolack. 40 milliards Cfa sont prévus pour la réalisation de ces travaux. La moitié de ce budget (20 milliards) doit être allouée uniquement pour la réfection du stade Senghor.

Le début des travaux était prévu… en juin 2019
Après la signature de cette Convention, le ministre des Sports, Matar Ba, s’était fixé un deadline. «Quand nous avons décidé de signer une convention, cela veut dire que l’aspect technique est déjà bouclé. Main­tenant, il nous reste le lancement de l’appel d’offres au niveau de la Chine pour qu’une entreprise vienne au Sénégal pour démarrer les travaux des quatre stades régionaux. Ça va se faire très rapidement. En début d’année 2019, avant même juin 2019, nous aurons terminé le processus et démarré les travaux», avait promis Matar Ba. Aujourd’hui on est en septembre 2020, toujours rien n’est fait !

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