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Mme Innocence Ntap Ndiaye, présidente du Hcds.

Le Haut conseil du dialogue social (Hcds), qui avait promis de s’impliquer pour une large concertation nationale sur le phénomène de l’émigration clandestine, a tenu parole. La structure a profité de l’ouverture de sa 21ème Assemblée plénière à Saly pour se pencher sur le thème «Promouvoir l’employabilité et l’entreprenariat des jeunes au Sénégal», mais également sur le regard croisé sur le phénomène de l’émigration clandestine sénégalaise.

La promotion de l’emploi des jeunes est un défi planétaire qui préoccupe tous les acteurs politiques, économiques et sociaux. Selon les statistiques, plus de 200 millions de jeunes en Afrique subsaharienne sont encore au chômage, malgré la volonté affichée par les décideurs politiques de créer un environnement propice à attirer les investissements nécessaires pour impulser la croissance économique et générer des emplois massifs.
Au Sénégal, en 2016, l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) estimait qu’environ 200 mille nouveaux demandeurs d’emploi arrivaient chaque année sur le marché du travail, alors que l’offre était estimée à environ 30 mille nouveaux emplois. La dernière Enquête nationale sur l’emploi au Sénégal, menée par l’Ansd, estime que le taux de chômage au Sénégal est à 16,9% au 4ème trimestre de l’année 2019. Seuls 14% des élèves provenant du cycle fondamental dans l’enseignement technique et professionnel sont enrôlés. Cela met en relief la problématique de l’employabilité et de l’adéquation emploi-formation.
Malgré les nombreuses initiatives développées par les pouvoirs publics envers les jeunes, la recrudescence du phénomène de l’émigration clandestine repose le débat sur l’employabilité et l’emploi des jeunes. Ainsi pour permettre aux responsables jeunes des centrales syndicales de travailleurs de bien cerner toutes ces problématiques et de formuler leurs attentes et préoccupations y relatives, le Haut conseil du dialogue social (Hcds) offre une plateforme de dialogue à tous les acteurs concernés.
Cette plateforme, sous forme d’Assemblée plénière, entre dans le cadre de son programme de travail annuel 2020 réactualisé dont le thème porte sur «Promouvoir l’emploi des jeunes au Sénégal» et est organisée en collaboration avec l’équipe d’appui technique de l’Oit pour l’Afrique occidentale et bureau-pays pour le Sénégal, le Cap Vert, la Gambie, la Guinée et la Guinée-Bissau, l’Organi­sation internationale pour les migrations (Oim), les ministères ainsi que les structures impliqués dans la prise en charge de ces questions. Elle comporte un volet «renforcement de capacités» destiné à quarante (40) jeunes des centrales syndicales de travailleurs, mais également d’un forum qui sera élargi à d’autres jeunes, à des personnes ressources et à des acteurs s’intéressant au phénomène de l’émigration.
Lors de l’ouverture de cette rencontre qui sera clôturée demain mercredi, Mme Innocence Ntap Ndiaye, présidente du Haut conseil du dialogue social, a rappelé l’objectif du Hcds de former 300 partenaires sociaux, une obligation qui est inscrite dans le pacte de stabilité et d’émergence économique. A en croire cette dernière, cet objectif a été même dépassé. «Nous avons dit que nous allons nous occuper de la cible jeune parce que nous estimons qu’au  niveau des centrales syndicales, il y a des comités de jeunes qu’il y a lieu non seulement d’intéresser à ce que le Haut conseil est en train de faire. Mais ayant noté que la situation dans notre pays, la question de l’emploi a un lien avec celle de l’émigration clandestine, nous avons dit qu’il fallait absolument que cette question soit traitée au niveau de l’institution», a renseigné Mme Innocence Ntap Ndiaye.
En écho à ces propos, Bakary Doumbia, représentant de l’Oim au Sénégal, a rappelé que l’émigration touche tous les pays. Evoquant les chiffres en 2019, l’Organisation internationale pour les migrations (Oim) estime le nombre de migrants internationaux dans le monde à 272 millions, soit 3,5% de la population mondiale. 74% de tous les migrants internationaux étaient en âge de travailler (20-64 ans). Des chiffres qui ne suffisent pas à imputer la volonté de migrer d’un pays à un autre au chômage, au sous-emploi et à la précarité économique et sociale. «Il faut reconnaître que parmi les jeunes qui partent certains ont déjà des emplois, mais considèrent que l’emploi qu’ils ont n’arrive pas à subvenir à leurs besoins. Le problème de l’information sur la migration manque au moment de départ du jeune», a déclaré M Doumbia.

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